syntone ACTUALITÉ ET CRITIQUE DE L'ART RADIOPHONIQUE

 

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Nous sommes tombés sur une série de sons nommée Radio Wide World, mise à disposition par Jeff Gburek, un artiste étasunien qui vit actuellement à Poznań en Pologne. Dans les années 90, il a enregistré la radio. Rien de bien original jusque là, mais c'est ce qu'il en dit qui nous intéresse... Montage cut entre sa note d'intention et un entretien par courriel :

“Ces enregistrements sont le résultat d'une expérience très étrange que j'ai vécue entre 1994 et 1996 à Florence. J'y faisais des études de littérature italienne et j'habitais un ancien couvent sur la via Guelfa. Aux petites heures de la nuit, je passais mon temps à enregistrer sur cassette les diffusions en ondes courtes, en AM et en FM. Aujourd'hui, la valeur de ces archives me paraît manifeste au vu de l'évolution du monde de la radio. C'est clairement un témoignage d'une autre époque. Pour décrire le plus exactement possible ces enregistrements et mettre en évidence que c'était de la captation en direct et non pas une matière retravaillée (du cut-up), j'ai créé le terme “radio-phonographie” il y a quelques années. C'est une étrange coïncidence que d'avoir appelé de manière presque prophétique cette série d'environ 13 cassettes de 90 ou 120 minutes chacune Radio wide world. Ce terme signifiant radio mondiale renvoyait inconsciemment au développement du réseau internet qui, au milieu des années 90, était en train de devenir une réalité concrète. L'émergence d'internet est sans un doute un facteur très important dans le déclin de la radio.

J'ai l'impression d'avoir incidemment saisi un point culminant de la radio. Généralement, la plupart des radios locales cessait d'émettre aux petites heures de la nuit. Et la bande était alors envahie de signaux saccadés venus d'ailleurs. Et c'est en grande partie ce que vous pouvez entendre dans les enregistrements. Cette mosaïque de cultures, musiques, langues et bruits me mettait aussitôt en état de transe. Et en touchant l'antenne de la radio, je permettais au récepteur d'atteindre d'autres strates du signal. Mais le plus curieux a été quand j'ai commencé à entendre des satellites ainsi que des sons que j'ai identifiés plus tard comme étant les manifestations radiographiques de pulsars, taches et éruptions solaires ou que sais-je encore. Ce champ auditif qu'on appelle bruit blanc n'était aucunement vide mais plutôt nervuré de tous ces messages cachés. Ainsi la radio est devenue le témoin de ce ou ces mondes invisibles. Ce n'est pas uniquement l'évolution de la programmation radiophonique qui rend ces documents uniques. De nos jours, les postes de radio ont des mécanismes numériques qui ne permettent plus de caler les stations manuellement, et cela peut réduire considérablement l'expérience radiophonique. L'inspiration principale de mon projet réside au-delà des controverses autour de la mort ou de la renaissance de la radio à cause de l'internet, et consiste dans le fait que j'aimais la radio comme une manière de scanner le cosmos. C'était une exploration. Je ne cherchais pas une station particulière ou une chanson ou un journal d'info. L'espace entre ce que nous appelons bonne et mauvaise radio, c'était ce qui m'intéressait et cela incluait tous ces bruits et ces accidents, ces parasites ioniques, ces hétérodynes, ces rebonds de signaux d'un bout à l'autre de la planète et bien sûr l'éventualité extraterrestre ! Vous ne pouvez rien connaître de tout cela quand vous écoutez le “98.5 sur la bande FM” ou quand vous cliquez sur un stream. Vous vous souvenez peut-être de la radio dans l'Orphée de Cocteau, source de messages sybillins d'un autre monde... Je ne suis pas certain d'avoir capté ce genre de choses mais mes oreilles ont pris leur pied dans tout ça.

Combing the Aether for Strings 1 by Radio Wide World

Suite à cette première expérience entre 1994 et 1996, j'ai pu poursuivre mes recherches au Nouveau Mexique après avoir déniché une radio militaire à ondes courtes datant de 1963 dans un vide-grenier. J'ai commencé à enregistrer les émissions et aussi à l'utiliser comme instrument musical dans mon travail d'artiste. J'avais enregistré sur un radiocassette, un petit, ce n'était pas un ghetto blaster. Il avait une fonction auto-reverse. Ainsi une partie des enregistrements a été fragmentée entre les deux faces. Quand j'ai commencé à les numériser j'ai dû décider comment les coller, comment les assembler. Et comme les cassettes étaient datées et que je voulais garder des sessions relativement longues, j'ai dû parfois rattacher une partie de la session à sa suite sur une autre cassette. (Il y a eu des moments où la session d'enregistement étant tellement prenante, je me retrouvais sans cassette vierge et du coup, obligé de sonder toutes mes cassettes de musique pour trouver de la place. Avec le temps, cela a fragmenté un peu le projet.) Les sessions d'enregistrements évoluant, je suis devenu coutumier des bruits étranges et des raccords aléatoires autrefois tellement surprenants. Mon premier essai de tout mettre dans l'ordre s'est déroulé quand j'ai pu utiliser un enregistreur Tascam 8 pistes en 2001 au Nouveau Mexique. (Je n'avais pas à l'époque un ordinateur assez puissant pour faire du son.) J'ai ainsi pu tout transférer et j'ai rajouté de nouveaux enregistrements radio faits durant mes voyages à Java et Bali ainsi que des enregistrements faits avec ma radio militaire à ondes courtes. Quand j'ai eu mon premier ordinateur vraiment puissant j'ai commencé à remixer. Pour toutes les sessions de mix, j'avais une seule et unique règle : continuer de travailler jusqu'à atteindre le sentiment étrange et indescriptible que j'avais ressenti lors des premiers enregistrements. Parfois, je me mettais aussi à enregistrer en même temps la transmission de la radio militaire à ondes courtes, pour être au plus près de l'expérience originale. J'ai arrêté les remix en 2005. J'ai préparé un boîtier de 4 CDs en édition limitée que je voulais faire sortir à une plus grande échelle. Mais le distributeur américain a fait annuler le contrat parce que j'aurais prétendument emménagé à Berlin pour bénéficier du taux de change. Une partie des enregistrements a été diffusée par Steve Peter pendant le Aetherfest, un grand festival d'art radiophonique tenu pendant une semaine sur les ondes de KUNM à Albuquerque, Nouveau Mexique. C'était en 2003.

Ces phonographies ne sont absolument pas propres et même si elles ont été mixées à plusieurs reprises, je me suis toujours évertué à privilégier le côté brut et rester fidèle à cette sensation d'envoûtement et d'euphorie que j'ai ressentie au tout début. Au fur et à mesure des mises en ligne sur Soundcloud, je donnerai des détails sur les conditions d'enregistrement dans la case commentaire de chaque morceau. Je voudrais remercier mon colocataire de la via Guelfa, John Elmanahi. Il n'a jamais fait la moindre remarque désagréable, et a vécu toutes ces nuits avec des bruits bizarres émanant de la cuisine où je travaillais à la lumière de la bougie jusqu'aux premières lueurs de l'aube.” (Jeff Gburek)

Traduction : Cristina Anghel

Jeudi 2 juin 2011 4 02 /06 /Juin /2011 23:24
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Un manifeste radioart1

par Tetsuo Kogawa

L'art radiophonique ou radioart est un nouveau genre d'art, et il me semble le plus avancé parmi les arts électroniques. Le premier festival international d'“art radiophonique” s'est tenu à Dublin, en Irlande, du 12 au 18 août 19902. À cette époque, cependant, l'art radiophonique était la plupart du temps considéré comme un art ayant recours aux stations de radio existantes, lesquelles étaient des installations de transmission courantes. La distinction se faisait en termes de contenus et de technique audio. Pour faire court, l'art radiophonique était simplement un nouveau membre dans la famille des programmes radiophoniques. Le dire ainsi ne fait pas offense aux nombreux travaux admirables faits de sons et de musiques qui sont apparus sur les ondes des stations de radio. Mais ce dont je parle, c'est de ce que le concept d'art radiophonique ou de radioart est ou devrait être. Si nous utilisons ce terme, autant qu'il signifie quelque chose de nouveau par rapport au genre existant. Pour repenser cela, choisissons désormais de parler de “radioart” plutôt que d'“art radiophonique”.

Qu'est-ce que radioart ? Qui est radioart3 ? D'un point de vue populaire, le terme “radio” qualifie le récepteur des signaux radiophoniques. Il y a et il peut exister un radioart à partir de l'usage de cet outil. Plus largement, le radioart aurait à voir avec tout ce qui tient à la transmission sans fil. Cependant, ce type de transmission est encore le propre de l'émission radio. Les stations radio émettent. En anglais, le terme broadcast signifie “émission large”, mais certains modes d'émission radio ne se font pourtant pas à large échelle. Par opposition au broadcasting, on parle parfois de narrowcasting ou d'“émission restreinte”. Il s'agit toujours bien d'émission, quoique d'ordinaire celle-ci cherche les moyens d'une couverture toujours plus grande, à l'échelle d'un pays, du monde et même à l'échelle de l'espace grâce au satellite.

L'émission radio se fait sur le principe d'une dualité entre deux éléments : l'émetteur et le récepteur, ou l'émission et la réception. Ces deux éléments s'accordent en mettant entrée et sortie sur la même longueur d'onde. On considère alors que des messages sont transmis d'un point à un autre. Cela fait de l'émission une relation de point à point, entre lesquels on a cherché à augmenter le plus possible la distance. Les développements technologiques récents ont rendu cela de plus en plus facile. L'émission numérique est ainsi supposée permettre un accord parfait et infaillible entre point d'entrée et point de sortie. Pourtant, à moins d'introduire dans le système un niveau extrême d'abstraction et de simplification, la différence entre le signal émis et le signal reçu est inévitable. L'un des exemples les plus évidents d'une telle contrainte abstraite est la communication en code Morse. Et même un type de communication aussi simplifié repose entièrement sur le processus d'interprétation de ces signaux. Ainsi, tant qu'il y aura des êtres humains dans les positions d'émetteur et de récepteur, la communication se trouvera affectée par l'arbitraire et la redondance. En ce sens, la radio a toujours été saisie de paranoïa moderniste dans sa nécessité de conformer la réception à l'émission, et l'on attend de la technologie numérique qu'elle vienne satisfaire ces désirs paranoïaques4.

Déjà, l'Internet esquisse la grande variété de choses qui peuvent arriver grâce aux médias électroniques contemporains. Potentiellement, Internet efface toute différence entre l'émetteur et le récepteur. Il rend même obsolète l'ensemble de concepts que les notions d'émetteur et de récepteurs recouvrent. Il serait pertinent de penser la transmission radio à partir d'une perspective informatique. En effet, l'ordinateur est un émetteur. Mais il ne transmet rien. Il ne transmet pas de message, mais il peut dupliquer tout ce qui est déjà présent. On peut dire que virtuellement, un message est bien transmis d'un lieu à un autre, mais en fait c'est la copie d'une même chose qui apparaît à différents endroits. L'ordinateur ne transfère pas de messages d'un endroit à l'autre, mais fait proliférer globalement des copies locales. J'appelle cette fonction “translocale”. Se distinguant des “médias globaux” telle que la transmission satellite qui couvre une zone globale avec des contenus homogènes, Internet multiplie des unités locales à l'infini, tout en pouvant simultanément les dupliquer à distance. L'informatique génère ainsi un espace polymorphe, au sein duquel différentes unités sémiologiques se mettent en rapport et s'entremêlent.

Je me suis impliqué dans le mouvement Mini FM. Il s'agissait de mettre en place des stations FM miniatures. Cette activité a été très populaire au Japon dans la première moitié des années 805 et on a vu apparaître des centaines de stations à travers le pays. Avant même l'apparition du nom “Mini-FM”, nous avions qualifié notre activité de “radio libre”, en cela profondément influencés par la scène des radios libres italiennes de la fin des années 70. Parmi de nombreuses stations très différentes, nous avions lancé notre Mini FM “Radio Home Run” sur ce principe d'émission restreinte auprès d'une communauté locale ou à l'occasion d'interventions rassemblant artistes et activistes. “Radio Home Run” suggère l'idée d'une frontière à traverser. Alors que je m'impliquais dans la Mini FM, il m'est apparu que le fait de limiter la zone d'émission générait une nouvelle forme de communication. C'était incroyable qu'une radio à si petite échelle n'était pas qu'un jeu d'enfant mais devenait, au-delà d'un espace d'émission, un lieu anticonformiste pour les artistes, activistes, étudiants et marginaux. Même si les programmes pouvaient être pauvres ou désorganisés, le lieu lui-même revitalisait les participants. Dans le même temps, je suis devenu familier des concepts de Félix Guattari6 tels que la “micropolitique” et la “révolution moléculaire”, et je tentais de faire en sorte que la Mini FM prenne pied, même inconsciemment, dans de telles dimensions. Tel que je le perçois, le “moléculaire” chez Deleuze et Guattari est l'unité minimale de singularité et de multiplicité. À moins que quelque chose ne soit affecté à ce niveau moléculaire, aucune transformation ne peut se produire.

En 1985, Guattari est venu au Japon7 et a rendu visite à Radio Home Run. Il reconnut alors que nos tentatives avaient quelque chose à voir avec ses idées de “révolution moléculaire” et de “schizoanalyse”. Il m'apparut alors que la Mini FM était peut-être la plus à même de révéler les détails et l'ordinaire de nos pensées et de nos sensations.

En 1995, j'initiai un site internet intitulé “Polymorphous Space”, dont le sous-titre était “tissage translocal”8. Mon expérience de l'Internet m'avait convaincu du fait que la fonction de l'ordinateur comme transmetteur n'était pas une affaire d'émission mais de vitalisation, et que la dimension locale ou globale de la transmission n'avait pas tellement d'importance. Chaque unité locale de transmission est nécessairement translocale et contient en elle quelque chose de global, à la manière d'un amas cellulaire du point de vue de la biologie moléculaire.

Aujourd'hui, on peut voir la Mini FM comme la transition de l'activité radiophonique vers quelque chose qui la dépasse. Un aspect de cette nouveauté est que l'action d'émettre elle-même pouvait devenir une performance artistique collective. D'autre part, la Mini FM m'a conduit à penser que la question de la radio n'est pas celle des contenus mais celle de la dimension de la transmission. À partir de ce constat, je me suis demandé jusqu'à quel point l'on pouvait réduire cette taille. Au final, j'en suis arrivé à me dire qu'une transmission radio à l'échelle manuelle était possible. J'insiste sur cette unité de mesure, la “main” constituant l'unité minimale du corps dans sa double fonction : toucher et être touchée. D'autre part, le concept d'art dérive de la technê grecque qui renvoie au travail manuel. C'est pourquoi il me semble qu'une minuscule Mini FM peut constituer un modèle modeste de radioart.

Le concept d'“art radiophonique” est assez ancien. Depuis l'intérêt que les Futuristes ont porté à la radio dans les années 30, nombreux sont les artistes et théoriciens qui se sont intéressés à la radio d'un point de vue artistique. Cependant et comme je l'ai déjà mentionné, beaucoup d'entre eux ne considéraient que les systèmes d'émission radio existants. Il ne s'agissait donc que d'agir sur les contenus émis par ces radios, il s'agissait d'art radiophonique plutôt que de radioart. Ils voyaient la radio comme un médium comparable à ce qu'était le papier pour les livres, tandis que la technologie radiophonique restait secondaire. John Cage a été l'un des premiers à utiliser cette technologie radiophonique pour la création de nouvelles pièces sonores et de performances artistiques, mais même Cage ne faisait de la radio qu'un outil au service de l'art sonore. Mais plutôt que de discuter les aspects historiques et scolastiques de l'art radio, je voudrais maintenant examiner le concept lui-même.

Quand est-ce que la radio devient un art à part entière, au-delà du médium ? Pour un journal, par exemple, le papier est un médium, mais il peut être remplacé par le plastique ou l'affichage sur écran. Alors à quel moment le papier devient-il art ? C'est quand le matériau du “papier” devient un matériau différent. Quoi qu'on écrive ou que l'on dessine sur du papier, il reste un simple médium, c'est pourquoi de telles tentatives ne sont pas du paperart mais de l'art sur papier. Et quoiqu'il en soit, une fois froissé, cela sera toujours un déchet. Adorno affirmait que “toute culture après Auschwitz, même celle, cruciale, qui en fait la critique, est déchet9”. Dans la perspective critique d'Adorno, ce déchet (Muell) n'est cependant pas une chose négligeable, mais une nouvelle matière pour l'art. Selon moi, les arts post-modernes (débarrassés du modernisme) commencent avec cette notion de “déchet” chez Adorno. Son argumentaire fait en quelque sorte la promotion d'un trash art, mais si l'on considère sa critique des médias électroniques de masses comme la radio et la télévision, on peut se dire que le matériau post-moderne, le “déchet” par excellence pourrait bien être les ondes.

Alors pensons à la manière dont les ondes, en tant que déchet, peuvent devenir un art, encore une fois l'exemple du papier peut nous y aider. Lorsqu'une feuille de papier est froissée, elle devient un déchet, mais aussi une multitude de plis. Le matériel destiné à l'écriture et au dessin est altéré, mais la matière papier est devenue autre. À cet égard, Gilles Deleuze propose une approche intéressante du “pli”, en relation à la monadologie de Leibniz. Étymologiquement, un labyrinthe est multiple parce qu'il renferme de nombreux plis et replis. Le multiple, ce n'est pas seulement ce qui est composé de nombreuses parties, mais ce qui est plié de manière complexe10. Cette approche est extrêmement évocatrice, parce qu'elle renvoie à une multiplicité qui n'est pas la juxtaposition de différents contenus, mais la multiplicité de la matière elle-même. Les contenus ne sont au final que des parasites hébergés par la matière. Ainsi, les contenus radiophoniques sont les hôtes parasites des ondes : c'est pourquoi on dit que les ondes sont “porteuses”.

Le radioart a véritablement commencé à partir du moment où l'on est intervenu directement sur la matière des ondes. Ces ondes sont classables par typologies, elles sont parfois audibles, parfois visibles, parfois inaudibles et invisibles. De manière conventionnelle, elles sont classées en EHF, SHF, UHF, VHF, HF, LF, VLF et ainsi de suite. Quelle que soit sa fréquence, une onde est irradiante. La radio est radiation. Le radioart essaie ainsi d'intervenir sur la radiation des transmissions électromagnétiques et de créer une certaine forme d'onde. La forme de cette radiation est une oscillation, les ondes sont oscillations. Lorsque notre corps et nos sens sont en résonance adéquate, nous percevons les ondes, mais les ondes n'ont pas besoin de notre perception pour osciller, elles le font par elles-mêmes. Elles oscillent vers l'avant et vers l'arrière, vers le haut et vers le bas, elles sont omnidirectionnelles. Les ondes ne portent rien, elles ont la liberté du Pánta rheî héraclitéen : “tout s'écoule”.

Le radioart est une manière de s'impliquer dans l'oscillation même des ondes. À moins d'accéder à la télépathie ou à une perception extra-sensorielle, nous avons besoin d'une capacité de détection qui nous permette de percevoir les ondes comme vibrations, sons ou lumières. Ceux-ci ne sont pas des messages, mais le signe d'une “vie propre” des ondes. Dans ses conversations avec Daniel Charles, John Cage fit un commentaire intéressant à ce sujet, à partir de l'exemple d'un cendrier : “ce cendrier est en vibration. Simplement, je ne peux pas l'entendre”. Mais dans une chambre anéchoique, “je pourrais écouter sa vie intérieure, grâce à une technologie qui n'a sûrement pas été inventée pour ça11.”

Après le mouvement Mini FM, parallèlement à mes tentatives du côté de la radio en ligne et de l'organisation de “radio parties” avec des micros-émetteurs, mon nouveau défi en matière de radioart a été de réduire la dimension de la transmission à son minimum. Comment décider d'un minimum ? Comme je m'étais consacré à la transmission radio en tant qu'artiste, en tant qu'homme de technê, c'est-à-dire une personne créant ou transformant à l'aide de ses mains, cette dimension minimum est devenue celle que les ondes et mon corps étaient en mesure de couvrir de la même manière : l'extension complète de mes bras. Autrement dit, un rayon d'environ un mètre. J'ai ainsi fabriqué un émetteur couvrant un rayon d'un mètre, et essayé de créer un nouveau pli des ondes.

Récemment, la VLF est devenue très populaire dans le paysage radiophonique. Il est possible de s'en servir pour créer des œuvres sonores, mais il est encore plus intéressant de jouer avec ces ondes. En disant “jouer”, je veux dire exactement ce qu'Heidegger écrivait d'Héraclite : “Pourquoi joue-t-il, le grand enfant Héraclite qui joue avec le monde à la recherche d'un nouvel aiôn ? Il joue, parce qu'il joue.12”. Les sons pourraient n'être que l'indice du jeu avec les ondes. Le radioart est un art du processus plutôt qu'un objet d'art, il n'est pas possible de fixer ce processus tel qu'il a existé. En fait, il s'avère très difficile de contrôler un champ électromagnétique, même d'un mètre de rayon. Il est impossible de parfaitement contrôler ses mains, aussi il s'agit de se “libérer” soi-même au profit des choses elles-mêmes : des ondes elles-mêmes.

Par son rapport au jeu, je différencie ma pratique de la performance de celle de l'art sonore, de la musique expérimentale ou de la musique noise. Cela dit, il me semble que la description que Michael Nyman donne de la musique expérimentale serait encore plus appropriée au radioart. Comme il le rappelle, Duchamp a dit : “l'idée était d'oublier ma main… Je voulais mettre encore une fois la peinture au service de mon esprit”. De la même manière, la tête à toujours été un principe dominant la musique occidentale, et la musique expérimentale est parvenue à rappeler aux interprètes qu'ils avaient des mains, qu'ils pouvaient produire des sons et des expériences physiologiquement13.

Et puis, la musique expérimentale a de nouveau oublié les mains, petit-à-petit, à mesure qu'augmentait la fascination des musiciens pour les appareils numériques. Avec l'apparition des technologies de réalité virtuelle et de la robotique, la situation de nos mains a bien changé. Personne aujourd'hui ne peut nier devenir un peu cyborg, rendant peu-à-peu indistincte la frontière entre “mes mains” et “mon esprit”. Mais je voudrais insister sur un point : on oublie avec son esprit, pas avec ses mains.

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1 Cet article a été écrit à partir de mes lectures-performances au AV Festival 2008 à Newcastle, Angleterre ; et au Deep Wireless Festival of Radio & Transmission Art à Toronto, Canada. J'aimerais exprimer mes remerciements à Honor Harger, Darren Copeland et Nadène Thériault-Copeland de m'avoir donné l'occasion de réfléchir à nouveau sur le radioart. Publication originale dans Acoustic.Space 7: SPECTROPIA illuminating investigations in the electromagnetic specrum, 2008, Riga, Lettonie, pp.128-135. [NDLR : Le texte original, intitulé A Radioart Manifesto, a été mis en ligne par l'auteur sur son site. Il a été traduit de l'anglais par Samuel Ripault pour une publication en ligne sur Syntone en avril 2011.]

2 Certains de ces documents peuvent être lus ou entendus sur mon site : http://anarchy.translocal.jp/Radio-art/1990IRAF.html

3 “Parce que l'Homme est le produit de son Histoire, la question doit être adaptée à son cours, et la forme “Qu'est-ce que l'homme ?” doit être convertie en “Qui est l'homme ?””, Martin Heidegger, Einfuerung in die Metaphysik, Max Niemeyer Verlag, 1957, p.110.

4 Martin Heidegger déconstruit la Métaphysique occidentale sur laquelle reposent la science et la technologie moderne. Il affirme qu'une telle Métaphysique présuppose que : “le Vrai, qu'il soit un fait ou une proposition, est ce qui fait accord”. Vittorio Klostermann, Von Wesen der Waharheit, p.7, traduction William McNeill, Cambridge University Press, p.138.

5 L'histoire détaillée du mouvement se trouve dans Mini FM: Performing Microscopic Distance (An E-Mail Interview with Tetsuo Kogawa) in Precursors to Art and Activism on the Internet, Annmarie Chandler and Norie Neumark, The MIT Press, 2005, pp.190-209. D'autres analyses théoriques sont parues dans plusieurs de mes articles : http://anarchy.translocal.jp/non-japanese/index.html

6 Félix Guattari, La revolution moléculaire, 1977, Edition Recherches, Paris, 1977.

7 Des enregistrements de mes trois entretiens avec lui se trouvent sur : http://anarchy.translocal.jp/guattari/index.html

8 http://anarchy.translocal.jp/oldpages/95-12-12/index.html

9 Theodor-W. Adorno, Dialectique Négative, Payot, Paris, 1992.

10 Gilles Deleuze, Le Pli, Leibniz et le Baroque, Minuit, Paris, 1988, p.3.

11 John Cage, For the Birds, Marion Boyars, 1976, 1995, pp. 220-221.

12 Martin Heidegger, The Principle of Reason, Indiana University Press, p.113.

13 Michael Nyman, Experimental Music: Cage and Beyond, Scambridge University Press, Cambridge, 1999, p.14.

Samedi 23 avril 2011 6 23 /04 /Avr /2011 11:00
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La radia ne doit pas être

1. théâtre parce que la radio a tué le théâtre déjà vaincu par le cinéma sonore

2. cinématographe parce que le cinématographe est agonisant    a) de sentimentalisme rance de sujets    b) de réalisme qui n’enveloppe aucune synthèse simultanée    c) d’infinies complications techniques    d) d’un fatal collaborationnisme banalisateur    e) de luminosité reflétée inférieure à la luminosité auto-émise par la radio-télévisée

3. livre parce que le livre qui est coupable d’avoir rendu myope l’humanité implique quelque chose de pesant de suffocant de fossilisé et congelé (vivront seulement les grandes planches de parolibres2 lumineuses unique poésie ayant besoin d’être vue)

 

La radia abolit

1. l’espace ou scène nécessaire dans le théâtre dont le théâtre synthétique futuriste (action se déroulant dans une scène fixe et constante) et dans le cinéma (actions se déroulant dans des scènes ultra-rapides ultra-variables simultanées et toujours réalistes)

2. le temps

3. l’unité d’action

4. le personnage théâtral

5. le public entendu comme masse juge auto-élue systématiquement hostile et servile toujours misonéiste toujours rétrograde

 

La radia sera

1. Liberté sur tout les points de contact avec la tradition littéraire et artistique Toute tentative de relier la radia à la tradition est grotesque

2. Un Art nouveau qui commence où cessent le théâtre le cinématographe et la narration

3. Une immensification de l’espace Non plus visible ni cadrable la scène devient universelle et cosmique

4. Captation amplification et transfiguration de vibrations émises par les êtres vivants par les esprits vivants ou morts drames d’états d’âme bruitistes sans paroles

5. Captation amplification et transfiguration de vibrations émises par la matière Comme aujourd’hui nous écoutons le chant de la forêt et de la mer demain nous serons séduits par les vibrations d’un diamant ou d’une fleur

6. Pure organisme de sensations radiophoniques

7. Un art sans temps ni espace sans hier ni demain La possibilité de capter des stations transmettant des postes dans différents fuseaux horaires et l’absence de lumière détruisent les heures le jour et la nuit La captation et l’amplification avec les valves thermoioniques de la lumière et des voix du passé détruiront le temps

8. Synthèses d’actions infinies et simultanées

9. Art humain universel et cosmique comme des voix avec une vraie psychologie-spiritualité des bruits de la voix et du silence

10. Vie caractéristique de chaque bruit et variété infinie de concret-abstrait et réalisé-rêvé au moyen d’un peuple de bruits

11. Luttes de bruits et d’éloignements divers c’est-à-dire le drame spatial ajouté au drame temporel

12. Paroles en liberté La parole est allée en se développant comme collaboratrice de la mimique et du geste Il faut que la parole soit rechargée de toute sa puissance par conséquent parole essentielle et totalitaire ce que dans la théorie futuriste s’appelle parole atmosphère Les paroles en liberté filles de l’esthétique de la machine contiennent un orchestre de bruits et d’accords bruitistes (réalistes et abstraits) qui seuls peuvent aider la parole colorée et plastique dans la représentation fulminante de ce qui ne se voit pas S’il ne veut pas recourir aux paroles en liberté le radiaste doit s’exprimer dans ce style parolibre (dérivé de nos paroles en liberté) qui circule déjà dans les romans avant-gardistes et dans les journaux ce style parolibre typiquement rapide nerveux synthétique et simultané

13. Parole isolée répétition de verbes à l’infini

14. Art essentiel

15. Musique gastronomique amoureuse gymnastique etc.

16. Utilisation des bruits sons accords harmonies simultanéité musicaux ou bruitistes des silences tous avec leur gradations de durée de crescendo et de diminuendo qui deviendront d’étranges pinceaux pour peindre délimiter et colorer l’infinie obscurité de la radia en donnant cubicité circularité sphérique au fond géométrie

17. Utilisation des interférences entre stations et du lever et de l’évanescence des sons

18. Délimitation et construction géométrique du silence

19. Utilisation des différentes résonances d’une voix ou d’un son pour donner le sens de l’ampleur de la pièce dans laquelle elle est exprimée Caractérisation de l’atmosphère silencieuse ou semi-silencieuse qui enveloppe et colore une voix un son un bruit donné

20. Élimination du concept ou prestige d’un public qui a toujours aussi pour le libre arbitre une influence déformante et aggravante

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1 Manifeste futuriste d’octobre 1933 écrit par F. T. Marinetti et Pino Masnata, publié dans la Gazzetta del Popolo. Traduit de l'italien par Olivier Féraud pour Syntone en avril 2011 à partir de la version en ligne sur kunstradio.at.

2 [NdT] Parolibere : “mots en liberté”

Mercredi 20 avril 2011 3 20 /04 /Avr /2011 16:10
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Vers une définition de l'art radiophonique1

 

1. L'art radiophonique est l'usage de la radio en tant que médium pour l'art.

2. La radio existe à l'endroit où on l'entend, et non dans le studio de production.

3. La qualité sonore est secondaire par rapport à l'originalité conceptuelle.

4. La radio est quasiment toujours entendue mélangée à d'autres sons : sons domestiques, trafic, télévision, téléphone, jeux d'enfants, etc.

5. L'art radiophonique n'est pas de l'art sonore – ni de la musique. L'art radiophonique est de la radio.

6. L'art sonore et la musique ne sont pas de l'art radiophonique, simplement parce qu'ils sont diffusés à la radio.

7. L'espace radiophonique est partout où l'on entend la radio.

8. L'art radiophonique est composé d'objets sonores éprouvés dans l'espace radiophonique.

9. Le poste de radio de l'auditeur détermine la qualité sonore de l'œuvre radiophonique.

10. Chaque auditeur entend sa propre version finale de l'œuvre radiophonique mélangée à l'ambiance sonore de son propre espace.

11. L'artiste radiophonique sait qu'il n'y a aucun moyen de contrôler l'expérience de l'œuvre radiophonique.

12. L'art radiophonique n'est pas une combinaison de radio et d'art. L'art radiophonique est de la radio faite par des artistes.

 

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1 Texte original intitulé Toward a definition of radio art, écrit par Robert Adrian en septembre 1998 et mis en ligne sur le site de Kunstradio. Traduit pour Syntone par Etienne Noiseau en avril 2011.

Dimanche 17 avril 2011 7 17 /04 /Avr /2011 08:24
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Les Martiens de Sesame Street découvrent la radio... et préfèrent le bruit des ondes !

Dimanche 7 novembre 2010 7 07 /11 /Nov /2010 09:17
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• 1934 : Pierre Schaeffer est affecté à la Direction Régionale des Télécomunications à Strasbourg.

• 1936 : Muté à la Direction de la Radio, à Paris. Premiers travaux sur les conditions de retransmission du message sonore.

• 1938 : Début d’une chronique sur la radiodiffusion dans la Revue Musicale. Écrit Vingt Leçons et travaux pratiques destinés aux musiciens mélangeurs (Édition interne de la Radio Française).

• 1940 : Démobilisé en juillet, Pierre Schaeffer anime “Radio Jeunesse” en octobre.

• 1942 : Rejoint, comme ingénieur, la Radio de Marseille. Écrit l’essai Esthétique et Technique des Arts-Relais. Retour à Paris. Organise un stage à Beaune à l'automne, sous le patronage de Jacques Copeau.

• 1943 : Le 1er janvier, fonde le “Studio d’Essai”, à la fois centre de formation et laboratoire d'art radiophonique, sans diffusion à l’antenne.

1943-44 : Réalise La Coquille à planètes, feuilleton radiophonique en huit épisodes.

1944 : Le 4 octobre, Pierre Schaeffer est déchargé de la direction de la Radio qui lui avait été confiée le 19 août. Le “Studio d’Essai” devient le “Club d’Essai”, sous la direction de Jean Tardieu. Pierre Schaeffer y collabore jusqu'en 1946.

1945-47 : Collaboration au Service du Plan et au Centre d’Enseignement de la Radio.

1947 : Diffusion du magazine radiophonique Une Heure du Monde.

1949 : “Le Pouvoir Créateur de la Machine”, conférence au Centre d’Enseignement sur l’art radiophonique et la musique concrète.

1951 : Après les émissions de Radio Genève, émission sur les radios de Cologne, Munich, Hambourg, Copenhague.

1951-52 : la Radio française décide d’affecter aux recherches de musique concrète un studio spécialement équipé. Pierre Schaeffer réalise une anthologie sonore de Dix ans d’Essais Radiophoniques.

1952 : De l’Age Ingrat à L’age de Raison. Conférence sur la radio au Centre d’Enseignement.

1953 : Chargé de mission, mis à la disposition du Ministère de la France d’Outre-Mer, Pierre Schaeffer est engagé dans la création d’une radio africaine, la mise en place d’un réseau, la formation, au Studio École de Maisons-Laffitte, de professionnels et de cadres africains capables d’assurer leur propre décolonisation.

1955 : La R.T.F. édite Dix ans d’Essais Radiophoniques (10 microsillons).

1962 : Diffusion de L’Aura d’Olga, pièce radiophonique. 

1967 : Publication de deux articles : Spectacle et Information (Revue Preuves N° 196, juin 1967 : et Le triangle de la Communication (Revue Preuves N° 202, décembre 1967).

1968 : Publication d’un article Pour une Recherche Fondamentale sur la Communication Audiovisuelle. Cf. “Le Service de la Recherche de l’ORTF” (octobre 1968).

1970 : Publication de Machines à communiquer, tome I Genèse des Simulacres (Éditions du Seuil).

1971 : Mass Media et Pollution mentale, conférences prononcées à l’Unesco.

1972 : Publication de Pollution mentale. Cahiers de l’I.S.E.A. Série Economies et Sociétés. Publication de Machines à Communiquer, tome II, :  Pouvoir et Communication, Editions du Seuil.

1973 : Publications de “Son et Communication”, Cultures, vol 1, n° 1. Musique et Société (Éd. Unesco et La Baconnière, 1973), “Pour une Politique de la Communication”. Rapport au Haut Conseil de l’Audiovisuel (Inédit). Problématique de la Communication (Inédit).

1977 : Diffusion de Nécrocrates sur France Culture (Radio France)

Chronologie établie par Andrea Cohen, d'après la Revue Musicale, Édition Richard Massé, n° 303, 304 et 305, datés de 1977.

Jeudi 23 septembre 2010 4 23 /09 /Sep /2010 09:18
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Bibliographie personnelle

À la recherche d'une musique concrète, Paris, Éditions du Seuil, 1952. Journal divisé en deux parties, elles-mêmes sous divisées en plusieurs chapitres. Pierre Schaeffer expose les réflexions qui l’ont mené de la création radiophonique (dans le cadre du “Studio d’essai” de la RTF) à l’invention de la musique concrète.

Traité des objets musicaux, Paris, Éditions du Seuil, 1966. “Essai inter disciplines”, qui approche l’objet musical sous divers aspects historique, linguistiques, physiques, philosophiques, méthodologiques, acoulogiques et musicaux. L’ouvrage comporte sept Livres divisés en plusieurs chapitres : I Faire de la musique ; II Entendre ; III Corrélations entre le signal physique et l’objet musical ; IV Objets et structures ; V Morphologie et typologie des objets sonores ; VI Solfège des objets musicaux ; VII La musique comme discipline.

Machines à communiquer, Paris, Éditions du Seuil, 1970. Réflexion sur les mass media et leur impact socioculturel. Divisé en trois parties, la première traite de la genèse des mass media et développe le concept d’arts-relais. La deuxième partie, divisée en étapes, comporte des réflexions sur la radio, sur la musique expérimentale et sur la télévision. La troisième partie est axée sur les enjeux politiques de l’audiovisuel.

De la musique concrète à la musique même, La Revue musicale, Triple numéro (N°303, 304, 305), Paris, Éditions Richard-Masse, 1977. Textes de Pierre Schaeffer échelonnés sur quarante ans groupés en six parties : Antécédents, La musique concrète, La musique expérimentale, La recherche musicale, Ecrire sur la musique, De l’expérience musicale à l’expérience humaine, suivis d’une chronologie de son parcours et de son œuvre.

Propos sur la coquille. Notes sur l'expression radiophonique, Arles, Éditions Phonurgia Nova, 1990. Reprise d’un texte de 1944 inclus dans le livre Machines à communiquer. À partir de l’analyse de son opéra radiophonique La coquille à planètes, l’auteur engage une réflexion générale sur l’art radiophonique. Le texte est suivi d’un entretien entre l’auteur et Rudolf Frisius, enregistré en 1987.

Ouvrages collectifs

Carnet d’écoute, ouvrage collectif dirigé par Christian Leblé, Arles, Coédition Centre Pompidou - Phonurgia Nova, 2004. Chapitre “Les fondateurs” : textes de Klaus Schoening, Walter Ruttman, René Farabet, Pierre Schaeffer, Gaston Bachelard, pp. 15-32.

Collage et Montage au théâtre et dans les autres arts durant les années 20, Table ronde du CNRS, Paris, La Cité, L'Âge d'Homme, 1978. Fondements esthétiques du montage. Repères historiques. Les aspects techniques et esthétiques du montage et du collage dans les arts des années 20. Des articles sur l’esthétique du montage dans les arts plastiques (cubisme, dadaïsme), la littérature (A. Döblin, J. Dos Passos), le cinéma (S. Eisenstein), le théâtre, (B.Brecht, Piscator, V. Meyerhold).

Du sonore au musical “Cinquante années de recherches concrètes” (1949-1998) sous la direction de Sylvie Dallet et de Anne Veitl, Paris, L’Harmattan, 2001. Textes issus du colloque organisé au centre Pierre Schaeffer en 1998. En cinq parties : Le pouvoir créateur de la machine ; Pédagogie de l’éveil sonore ; Le solfège sonore ; Au carrefour des arts contemporains ; Géographies de l’expression électro-acoustique.

Discographie (sélective)

La Coquille à Planètes, INA/Textuel, 1990. Opéra radiophonique créé pendant la guerre et diffusé en 1946.

Dix Ans d'Essais Radiophoniques Du Studio Au Club D'Essai : 1942-1952, Phonurgia Nova, 1994. Réédition de l'anthologie sonore de la radio à son âge d'or selon Pierre Schaeffer.

Références établies par Andrea Cohen.

Mercredi 22 septembre 2010 3 22 /09 /Sep /2010 09:07
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Peu d'activité sur le blog en ce moment, alors voici un peu d'exotisme avec ce reportage [via @do_or_diy] dans la discothèque de WFMU, fameuse freeform radio de Jersey City, New Jersey, USA.

Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /Mai /2010 22:18
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Grâce à l'invention du designer Florian Kräutil, on comprend mieux maintenant l'expression “tapis” en radio. Voici littéralement un tapis-radio : on l'arpente pour changer de fréquence, le corps faisant antenne. [Découvert via Matthieu Blaise]

Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 14:44
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C'est vrai, nos lecteurs qui ne connaissent pas l'œuvre de Yann Paranthoën se sentent peut-être en-dehors du coup, en ce moment où l'on en parle beaucoup. Comme introduction à peu de frais, nous vous recommandons chaudement une série de documents peu connus, montée par Radio Grenouille, qui donne à entendre des extraits de ses œuvres pour certaines inédites, commentés par YP lui-même lors d'une rencontre avec des étudiants à Bruxelles en 2002.

Pour aller plus loin dans l'écoute, plusieurs de ses productions ont été éditées en CD : L'effraie et Le phare des Roches-Douvres aux éditions Ouïe/Dire, cf. extraits en écoute sur leur site ; On nagra et Paris-Roubaix aux éditions Radio France / INA, apparemment tous deux épuisés ; Lulu et Questionnaire pour Lesconil in Yann Paranthoën, l'art de la radio, aux éditions Phonurgia Nova.

Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /Fév /2010 14:42
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12-13 avril + 9-11 juillet : Création radiophonique, avec Mehdi Ahoudig • Nantes ~ formation [web]

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