Depuis le 4 janvier www.syntone.fr ne répond plus, mais Syntone est toujours là, à l'adresse http://syntone.over-blog.org. Merci de votre compréhension et nos excuses pour le dérangement.
Aujourd'hui 10 janvier, tout est revenu dans l'ordre et vous pouvez nous consulter à www.syntone.fr et nous contacter à notre adresse courriel habituelle.
Vous avez peut-être remarqué que le rythme de publication de ce blog a drôlement ralenti ces derniers mois. Nous aussi ! En cause, probablement, notre usage grandissant des réseaux sociaux : c'est dorénavant par là que passent les brèves, l'actu plus ou moins chaude, les idées d'un jour, les réflexions d'un soir... Tandis que le blog s'est dépouillé jusqu'à l'essentiel, en continuant d'abriter les contenus plus conséquents : entretiens, articles de fond, chroniques (euh, oui, bon, ça fait longtemps). Nous réfléchissons à une nouvelle forme éditoriale. En attendant deux nouveaux entretiens très bientôt ici-même, nous vous souhaitons un exquis bout d'année.
Les départements “fiction”, “documentaire” et “art sonore” de la Deutschlandradio Berlin s'unissent pour un projet commun à la croisée des formes. Faites parler les
bruits, inventez de nouvelles formes narratives, brisez les barrières stylistiques ! ~ réclame en substance l'appel à projets.
Envoyez vos pièces inédites d'une durée de 20 minutes maximum. La langue employée n'étant pas un problème tant que cela reste intelligible pour les auditeurs allemands sans nécessité de traduction. Les meilleures pièces seront achetées et diffusées dans Kurzstrecke à partir du mois d'avril 2012.
La raison d'être de Syntone est la critique radiophonique, chose plutôt rare dans nos médias, et nous devons la défendre partout où elle se trouve. Le mercredi 19 octobre, les Inrocks publient un article intitulé France Culture délaisse la création sonore (que l'on peut lire en ligne ici) signé par notre collaborateur Pascal Mouneyres. Prenant le recul d'un mois et demi depuis la rentrée, ce papier, argumenté comme il se doit, ose un point de vue : les nouveaux programmes dits de création radiophonique ne sont pas à la hauteur des émissions des saisons précédentes, abandonnées par la nouvelle direction. Depuis, quinze jours ont passé et si vous ouvrez l'hebdo culturel daté du 2 novembre, vous serez sans doute surpris par le droit de réponse du directeur de France Culture Olivier Poivre d'Arvor. Pourquoi surpris ? Le communiqué d'OPA ne se niche pas sur quelques lignes austères glissées discrètement dans le courrier des lecteurs comme ça se fait habituellement, mais il s'affiche dans la rubrique Médias, pleine page et avec photo ! La méthode dérange, au sein même de la rédaction du magazine dirigé par un ancien patron de Culture, David Kessler. Pensez seulement à ce que coûte une page de presse écrite, une page qui pour cette fois ne bénéficie à aucun pigiste.
Et pour dire quoi, finalement ? Pas grand chose de plus que ce qu'un communiqué du mois de juillet avait avancé pour calmer des “rumeurs” à propos de la rentrée lorsqu'une pétition commençait à circuler : le nombre d'heures de programmes dédiés à la création un peu plus élevé ; le respect des grands noms (Schaeffer, Farabet, Paranthoën) mais le refus du conformisme... ; d'autres subtilités qui nous échappent (à France Culture, on ne regarde pas l'audience mais on s'inquiète du nombre de téléchargements) et toujours des intentions peu précises ("la création d'aujourd'hui", "l'indispensable révolution des genres", “la découverte de nouvelles écritures radiophoniques”) à l'heure où on ne devrait plus être dans l'annonce mais dans le concret d'une grille installée. Bref, une réponse pour le moins décalée.
Cependant, on peut se féliciter que la création radiophonique soit un domaine de toute importance pour Olivier Poivre d'Arvor au vu des moyens qu'il met en œuvre pour neutraliser sa critique. Il ne semble pas donner autant d'énergie à répondre à Rue89 qui informe de partenariats inédits entre le gouvernement Bouteflika et Radio France dans le cadre d'une opération du groupe en Algérie, où France Culture est en production d'une de ses Villes-mondes, l'émission créée par OPA dès son arrivée à la tête de la chaîne.
Le 25ème Prix Europa, une des compétitions traditionnelles les plus prestigieuses, s'est tenu à Berlin du 22 au 29 octobre dernier. Le palmarès 2011 offre la part belle aux productions francophones, et tout d'abord une consécration pour l'auteure Mariannick Bellot. Avec Comme un pied, elle remporte le Prix du meilleur feuilleton pour la deuxième fois après Le Bocal en 2008, sa précédente fiction pour Arte Radio ! C'est aussi une sacrée confirmation pour la webradio d'Arte France qui en est donc à son troisième Prix après l'avoir également remporté en documentaire en 2010 avec Qui a connu Lolita ? de Mehdi Ahoudig. Ce dernier, notons-le en passant, est lui aussi élu cette année pour À l'abri de rien, un webdoc réalisé avec le photographe Samuel Bollendorff. Décidément, les auteurs d'Arte Radio ont le vent en poupe.
Et puis, pour la première fois de son histoire, l'Atelier de création sonore radiophonique de Bruxelles remporte deux mentions spéciales, l'une en documentaire pour Je suis Frédéric de Damien Magnette, l'autre en fiction pour Kirkjubæjarklaustur de Sebastian Dicenaire. Ces deux œuvres auraient sans doute mérité de figurer à la première place, mais leur audace formelle les aura stoppé plus bas. Au sein d'une compétition qu'on a souvent jugé trop classique, ce sont là deux victoires éclatantes, deux belles promesses pour l'avenir.
Alors réécoutons de ce pas :
• Comme un pied, une fiction de Mariannick Bellot mise en sons par Arnaud Forest et Samuel Hirsch
• Je suis Frédéric, un documentaire de Damien Magnette
• Kirkjubæjarklaustur, une réalisation de Sebastian Dicenaire sur un texte de Vincent Tholomé, dont nous pouvons lire la chronique sur Syntone !
Vous ne connaissez pas encore Discuts, le “magazine des manipulations sonores” ? Demandez tout de suite votre exemplaire, il est gratuit ! Chapeauté par Alexis Malbert alias Tapetronic, artiste tellement obsédé par les supports et les techniques sonores qu'il en a fait ses instruments, Discuts est pour lui la possibilité de partager sa passion et ses collections... sur support papier, bien sûr.
Ce troisième numéro de Discuts est consacré à la radio et on a écrit dedans. Sur la thématique “manipulations sonores” versus “radio”, quel meilleur exemple que Tetsuo Kogawa aurions-nous pu trouver ? C'est donc un portrait de l'un des instigateurs du mouvement des radios libres au Japon, chercheur en micropolitique et artiste des ondes électromagnétiques que nous sommes heureux d'avoir offert à Discuts. Nous vous laissons découvrir le magazine avant que vous retrouviez Tetsuo sur Syntone dans quelques semaines.
Ainsi, tandis que pour certains, 2011 est l'anniversaire des “radios libres”, d'autres célèbrent tout en nuance “30 ans de libération de la FM”. Et oui, n'est-ce pas ça le plus important : que la bande FM ait pu être un marché comme un autre ? Plus libérale que libertaire, la fin du monopole de la radiodiffusion en France a pleinement profité aux entreprises privées commerciales. C'est le symbole d'une gauche au pouvoir qui dès le début s'arrange avec ses idéaux. Tout au long de 2011 et particulièrement le 20 octobre prochain au salon Le RADIO, les “acteurs, produits ou sociétés ayant marqué de manière significative le média Radio ces 30 dernières années” se décernent des prix en costume et champagne.
Penser l'après-1981 en 2011, nous nous y essaierons bientôt sur Syntone, avec pour ce faire un détour obligé hors de France.
La rentrée qui s’annonce sur France Culture est pour l'instant celle de tous les dangers pour la création radio. Avec les Passagers de la nuit de Thomas Baumgartner radiés de la grille1, c’est aussi l’Atelier de Création Radiophonique qui est spectaculairement remis en cause. À compter de septembre, l’ACR est donc supprimé… aux trois quarts puisqu’il n’aura plus qu’une périodicité mensuelle et non plus hebdomadaire. Pas de disparition totale, donc, comme le laissaient entendre les rumeurs ou la notule actuellement en ligne sur Wikipédia. En poste depuis dix ans, les deux producteurs de l’ACR sont remerciés sans que pour le moment un remplaçant n’ait été désigné. Frank Smith devrait se voir confier une émission (littéraire) dans la nouvelle grille, au contraire de Philippe Langlois qui quitte la chaîne. Décision assez abrupte et inattendue pour l’émission-icône qui venait de fêter en 2009-2010 ses 40 ans d’existence2 ~ la doyenne de Radio France après Le Masque et la Plume sur Inter. Elle intervient dans un contexte de crise larvée au sein d'une station où le directeur Olivier Poivre d’Arvor, en poste depuis moins d’un an, semble vouloir imprimer sa marque plus rapidement et fortement que prévu. La grille 2011-2012 sera donc très remaniée, ce qui a contraint certains producteurs au départ, alors que beaucoup ont craint pour leur place. “Fatalisme assez morose”, “souffrance et inquiétude” sont les sentiments les plus répandus dans les couloirs de la Maison Ronde, si l’on en croit nos sources. Mais comme c’est souvent le cas sur Culture, la grogne a du mal à dépasser le capiton des studios malgré les communiqués de presse des syndicats ~ la CGT a par exemple demandé le respect “des salariés dans leurs droits et leur dignité” ainsi que celui “des antennes et du service public”, dénonçant avec l’intersyndicale un “management brutal” qui aurait tendance à se banaliser à Radio France3. Pour en savoir plus sur la vision d’OPA sur ce que doit être une radio culturelle de service public, il faudra donc attendre la programmation définitive, la conférence de rentrée et les déclarations publiques.
Si l’affaiblissement de l’ACR n’augure rien de bon pour son avenir ~ il sera d’autant plus facile de le supprimer lors des prochaines saisons qu’il n’est plus diffusé qu’une seule fois par mois ~ il ne constitue pas forcément une attaque directe contre la création radiophonique. Il est plutôt une des premières conséquences d’une certaine culture… de l’audience qui s’est installée à Culture ces derniers mois. Les résultats médiamétriques sont observés et diffusés en interne avec une régularité inédite, dit-on, et serviraient de plus en plus de baromètres d’appréciation. On reproche à l’ACR son écoute trop faible (dix mille auditeurs) et un nombre de podcasts moyennement élevé. Pour le nouveau directeur, une des raisons de cette confidentialité relative tiendrait à sa place dans la grille : diffusé le dimanche soir à 23h, l’ACR, pas assez visible, souffrirait d'isolement. La décision de le reprogrammer au même horaire en semaine et seulement une seule fois par mois peut paraître du coup assez curieuse… Le coût de fabrication de l’émission aurait également joué un rôle ~ idem pour les Passagers de la nuit ~ au moment où la chaîne annonce des recrues de renom (Frédéric Taddéi) et se lance dans une ambitieuse série de portraits de “villes-mondes” diffusée pendant deux heures… le dimanche.
“Il est impossible que l’Atelier disparaisse, même sur un long terme”, assure Irène Omélianenko, récemment nommée conseillère en charge du documentaire et de la création radiophonique. “L’ACR est un territoire prestigieux, vital pour France Culture. Je me sens personnellement responsable de l’héritage de René Farabet. Il va juste changer de couleur, proposer d’autres brassages. Cette saison constituera comme une pause réflexive“, conclue l’ex-productrice de Sur les Docks, dont on ne peut douter de l’attachement à la création radio.4 L’ACR va donc épisodiquement intégrer la case laissée vacante par les Passagers de la nuit (du lundi au vendredi 23h). Ce créneau est entièrement repensé et annoncé comme spécialement dédié à la créativité, sous le générique ~ assez ironique ~ des “Ateliers de la création”. S’y succéderont donc au fil des jours deux heures de documentaire, de la fiction contemporaine, l’ACR, les entretiens de Thomas Baumgartner et un magazine hybride aussi profus que les Passagers.5 Présenté comme un espace de liberté au contenu gardé secret, ce dernier sera ouvert à tous les genres et mêlera en direct les formes élaborées, les performances, etc. Il devrait s’afficher franchement dans les marges des productions radiophoniques classiques, là où désormais (se) repose l’ACR...
1 Lire sur Syntone Les Passagers restent sur le quai.
2 Lire sur Syntone 40 ans d'Atelier de Création Radiophonique.
3 Cf. sur le site de la CGT-Radio-France les tracts syndicaux Grilles d’été et de rentrée, les chaînes font leur marché, les salarié-e-s en font les frais et Arrêtons les coteries
4 Lire aussi sur Syntone Irène Omélianenko, son terrain pour un univers.
5 Lire aussi le communiqué du 16 juillet de la direction de France Culture La création radiophonique sur France Culture à la rentrée 2011.
Le ZKM de Karlsruhe, en partenariat avec la radio de Francfort hr2-kultur, propose un concours intitulé Ferrari (r)écouté. Avis aux créatrices et créateurs. Vous êtes invité.es à repartir du matériau brut de Jetzt, une pièce radiophonique que Luc Ferrari composa en 1984, afin de produire une œuvre nouvelle. L'échéance est portée au 1er septembre pour une pièce de 5 à 10 minutes diffusable en multicanal mais fournie en stéréo. Deux petits bémols : la relativement médiocre qualité du matériau mis à disposition (mp3 192kbps) et le soupçon, à l'écoute de la voix de Luc Ferrari, que les bandes n'ont pas été numérisées à la bonne vitesse. Malgré cela, ce concours est un défi original et passionnant.
Sur le même sujet lire :
• Dans les oreilles de Luc Ferrari
• Hörspiel ou face… à l'art radiophonique de Luc
Ferrari
Tandis que les premières réactions à la suppression des Passagers de la Nuit commencent timidement à apparaître (sur ce blog ou sur notre mur facebook), Olivier Poivre d'Arvor, patron de France Culture, déclare au Médiascope à propos de la grille d'été qu'"il faut insister sur l'image d'une radio qui n'est pas austère, qui est ouverte, curieuse (...). Il faut que les jeunes prennent le pouvoir dans cette radio, il faut leur donner les manettes”. Des propos en contradiction sévère avec ce qui s'annonce pour la rentrée si Thomas Baumgartner, 33 ans, ne retrouve pas une émission à la hauteur de son talent.
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• Chroniques : ACR Arte Radio Ousopo Par ouï-dire Radia Silence Radio Autres chroniques |
• 10 février : participation festival Sonor • Nantes ~ appel à créations [web]
• 12 février : Accueil en production de création radiophonique (ACSR) ~ appel à projets, bourse [web]
• 13-17 février : Création radiophonique, avec Mehdi Ahoudig • Nantes ~ formation [web]
• 16 février : pariticipation Ousopo, contrainte n°3 ~ concours [web]
• 26 février : Goûter d'écoute (ARTE Radio) • Paris ~ séance d'écoute [web]
• 27 février-13 mars : Réalisation d'un documentaire radiophonique, avec Frédérique Pressmann • Noisy-le-Grand ~ formation [web]
• 1er mars : participation “120 hours for John Cage” (free103point9) ~ appel à créations [web]
• 1er mars : inscription Grand Prix SGDL de la fiction radiophonique ~ compétition [web]
• 12-13 avril + 9-11 juillet : Création radiophonique, avec Mehdi Ahoudig • Nantes ~ formation [web]
• 28 avril-5 mai : Se former au documentaire sonore avec K. Mortley et M. Ahoudig • Arles ~ formation [web]
• 2-13 mai : Sonor • Nantes ~ festival
• 15 mai : participation festival Les Radiophonies ~ appel à créations [web]
• 21-28 juillet : Se former au documentaire sonore avec K. Mortley et M. Ahoudig • Arles ~ formation [web]
• 15 septembre : Brouillon d'un rêve sonore (Scam) ~ bourse, appel à projets [web]
• 27 octobre-3 novembre : Se former au documentaire sonore avec K. Mortley et M. Ahoudig • Arles ~ formation [web]
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