syntone ACTUALITÉ ET CRITIQUE DE L'ART RADIOPHONIQUE

 

by rosi vcr toledo on flickrQuand une radio associative (Jet FM) monte un festival de création sonore (Sonor), c'est forcément beaucoup d'écoutes ~ en serre, sur des bancs, en voiture, au casque, dans des transats, sur des coussins ~ des rencontres-débats avec des auteurs, des artistes, des chercheurs ~ “les radios en lutte”, “la temporalité du travail documentaire” ~ et des lives musico-radiophoniques. Ça se passe du 18 au 27 mars pour la 6ème année consécutive à Nantes, Saint-Herblain et Cholet, c'est gratuit et toute la programmation se trouve ici.

Nous y serons, avec vos contributions ! Notre appel Images radiophoniques est toujours ouvert mais se termine très bientôt, le 10 mars. Dépêchez-vous de nous envoyer vos “images de la radio”, documentaires ou abstraites, fixes ou animées (mais sans son !). Elles seront projetées au Lieu Unique pour habiller le salon d'écoute de Sonor, puis exposées en ligne sur Syntone. Rappel des critères de l'appel à projet :

Syntone se lance dans le visuel ! Ou plutôt c'est vous que nous sollicitons ! Envoyez-nous votre ou vos “image(s) de la radio” : photo, dessin, peinture, gravure, collage, etc. Toutes les formes ~ documentaires, figuratives, abstraites, etc. ~ sont grandement désirées, pourvu qu'elles évoquent l'écoute, le phénomène ou l'imaginaire radiophonique ! Cet appel à créations se fait en complicité avec le festival Sonor, à Nantes du 20 au 27 mars, qui habillera son salon d'écoute au Lieu Unique (transats, coussins et voluptés auditives) de vos créations visuelles projetées dans l'espace de la salle. Ensuite, nous les publierons sur Syntone sous la forme d'une exposition journalière puis d'une galerie permanente. Pour participer :

• Prenez contact avec nous [sujet du message : Images radiophoniques].

• Envoyez-nous votre (ou vos) création(s), de préférence inédite(s), sous forme numérique (original numérique ou scan) au format JPEG, résolution conseillée 1024 x 768, 300 ppp.

• Joignez votre nom ou pseudo, votre site internet éventuel et le titre éventuel de votre (vos) création(s).

• En participant au projet, vous acceptez les conditions d'utilisation de votre (vos) création(s) dans le cadre du festival Sonor 2011 et sur Syntone sous la licence creative commons qui régit tous nos contenus.

• L'échéance pour participer est portée au 10 mars 2011.

Au plaisir !

Lundi 28 février 2011 1 28 /02 /Fév /2011 10:27
- Publié dans : Rendez-vous - Communauté : Radio
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Depuis septembre 2007, au travers de pièces sonores, d’installations, de conférences, de chorale ou de spectacles, l’Encyclopédie de la parole, un collectif qui cherche à appréhender transversalement la diversité des formes orales, collectionne, réinterprète et détourne la parole, qu’elle soit quotidienne, savante, poétique, journalistique ou encore politique. Sous des allures un peu austères, cette encyclopédie est en vérité un projet sonore ludique et jubilatoire qui replace la parole au centre de la démarche artistique. Récemment invités des Hors-série des Passages de la Nuit le 28 janvier et le 11 février que nous vous suggérons d'écouter comme introduction, Joris Lacoste et Frédéric Danos, deux de ses membres fondateurs, nous parlent de leur projet, de parole radiophonique, de paroles formatées et de liberté de parole... Parce que, selon leur devise “nous sommes tous des experts de la parole” et surtout qu'en radio, elle est le plus souvent d'or.

Pourquoi avoir imaginé un tel projet empirique de collection de paroles ?

Joris Lacoste : L’idée de départ était de rapprocher des paroles artistiques et non artistiques, la poésie comme la parole quotidienne, et de montrer comment des phénomènes qui ont des intentions d’art, poétiques ou théâtrales peuvent se retrouver dans des types de parole qui à l’origine n’ont pas ces intentions-là. Par exemple, dans l’émission de Thomas Baumgartner, nous avons fait entendre un commissaire-priseur américain qui a une parole incroyable, très ciselée, mais qui ne se revendique pas comme étant artistique. C’est ce genre de rapprochements qui nous intéresse.

Vous avez conscience cependant du caractère infini voire illusoire d’une telle entreprise ? Tout est parole !

Frédéric Danos : Ce n’est pas plus infini que de peindre des paysages ou d’écrire des romans en y décrivant les mœurs bourgeoises du XIXe siècle.

En même temps, tout le monde ne convoque pas le mot Encyclopédie ?

J. L. : Dans “encyclopédie” c’est vrai qu’il y a l’idée de faire le tour, d’encercler une totalité de connaissances. Or nous, nous l’avons appréhendée comme une façon d’englober non pas la totalité des formes de parole mais la totalité des genres de parole. Car contrairement à certaines entreprises de travail de son ou de parole qui s'inscrivent dans un genre défini (radiophonique, poétique ou théâtral), nous essayons de rassembler et d’englober tous les genres, si différents soient-ils. De plus, contrairement au dictionnaire, nous n’avons pas le souci de l’exhaustivité. Notre travail est en perpétuelle réélaboration. Mais nous avons des moyens très modestes pour mener à bien cette encyclopédie. On le fait très progressivement…

F. D. : L’encyclopédie, c’est aussi et surtout une méthode de travail, afin de pouvoir rapprocher des paroles de genres très différents et montrer les rapports qui peuvent exister entre elles. Il ne faut pas y voir un travail de recherche universitaire ou scientifique. Simplement, nous utilisons une méthode et des outils pour mener à bien cette envie de traverser les paroles.

J. L. : Et notre méthode précisément, c’est de définir des “entrées”. Pour nous, une entrée c’est un phénomène particulier de la parole, une propriété. Nous en avons abordé dix-huit à ce jour. Par exemple, on définit l’entrée “Saturations” comme une parole qui déborde de son cadre, qui tend vers un excès, un trop plein d’émotions, d’informations ou d’intensité. À partir de cette définition, nous allons chercher des paroles qui nous semblent être saturées. Ensuite, nous rédigeons un article qui présente non seulement cette entrée mais aussi les différents sons que l’on a sélectionnés. Enfin, nous passons commande d’une pièce sonore à un compositeur qui aura pour mission de faire entendre cette collection.

957538946_fb7f917fe3.jpg(cc) propaganda poster by -ant! on flickr

Justement dans les créations qui font entendre la collection, par l’effet de collage, d’adosser deux documents sonores ou deux types de paroles qui a priori (sur le fond en tout cas) n’ont rien à voir, il y a du sens qui émerge, qui vient naître de ce collage… C’était votre intention ?

J. L. : Le travail de montage, c’était surtout l’affaire du compositeur à qui nous passons commande. Pour qu’il nous fasse écouter des documents à la lueur d’une entrée définie au préalable. Chaque compositeur nous offre alors sa vision personnelle. Certains ont fait un bout à bout, un agencement assez simple, d’autres comme Pierre-Yves Macé ont à l’inverse beaucoup travaillé la matière des sons par des effets de superpositions, en spatialisant le son ou en rajoutant des sons extérieurs. D’autres comme Jeanne Robet ont une approche plus radiophonique… Et c’est vrai que, du coup, en faisant écouter les documents sonores rassemblés autour d’une entrée, d’une propriété particulière, s’opèrent des rapprochements qui font entendre des formes de parenté entre les différents documents.

Dans votre encyclopédie, peut-on vous proposer de nouvelles entrées ou bien des documents en fonction des entrées déjà existantes comme Timbres, Emphases, Cadences ou Saturations ? C’est collaboratif ?

J. L. : Pas complètement, ce n’est pas Wikipédia non plus ! Nous sommes en quelque sorte les responsables éditoriaux des entrées, des articles et des corpus, donc il y a une autorité collective… Après, on reste ouvert à toute participation. Sur notre site d’ailleurs, nous invitons les gens à participer à l’écriture des articles ou à nous envoyer des sons susceptibles de nous intéresser.

Parmi les documents sonores de votre collection, il y a beaucoup de documents radiophoniques. Peut-on dire, selon vous, qu’il existe UNE parole radiophonique ?

J. L. : La parole radiophonique recouvre beaucoup de choses très différentes. Il y a effectivement des paroles propres à la radio, tout ce qui en gros est de l’ordre de l’information comme le journal, la météo ou bien les émissions de plateaux. Ensuite, il y a des choses que l’on prend qui sont diffusés à la radio mais qui ne sont pas strictement radiophoniques : cela peut être des paroles de reportage, des interviews qui auraient pu être présentes ailleurs, soit dans des pièces sonores, des reportages télé voire dans la vie quotidienne. Évidemment, nous écoutons tous beaucoup la radio et de fait en l’écoutant, on tombe sur des phénomènes de parole intéressants. On se dit “oh tiens là, il y a une choralité intéressante !” ou “tiens, cette parole est bien saturée”.

F. D. : À la radio, chez les journalistes par exemple, il y a des paroles qui sont formatées. À proprement parler, nous n’avons pas d’entrée “Radio” mais il y a une entrée “Timbres” dans laquelle on va pouvoir faire entendre certaines façons de parler qui sont timbrées comme à la radio où l’on insiste sur certains mots et pas sur d’autres.

J. L. : Souvent les paroles que l’on sélectionne, ce sont justement celles qui débordent de ce cadre. Par exemple, récemment j’ai écouté l’émission d’Alain Finkielkraut consacrée à Fabrice Luchini et aux fables de La Fontaine…et franchement, il faut vraiment que tout le monde écoute cette émission parce que c’est un chef d’oeuvre du genre, notamment pour l’entrée “Emphases”. C’est un vrai festival ! Il y a aussi beaucoup de “cadence” ou de “saturation” dans cet échange. C’est un genre de point limite de la radio. À l’écoute, on n'a plus l’impression d’être à la radio, mais à la foire quasiment… Fabrice Luchini déborde complètement du cadre de la parole distribuée. Il se met à hurler, on croirait presque qu’il saute sur la table. Et ce sont ces moments-là qui nous intéressent, à la radio comme ailleurs : quand la parole devient saillante, sort du cadre ou de l’ordinaire, quand il y a quelque chose qui sort de l’étalon de parole.

F. D. : Ce morceau Luchini-Finkielkraut, c’est juste des gens qui ont envie de parler. Au bout d’un moment, le sujet ne leur sert plus qu’à exercer de la parole. Cela en devient creux ou complètement fantastique parce que finalement, ils sont uniquement dans le fait d’activer de la parole.

street-singer-copie-1.jpg(cc) Singer by Lorkan on flickr

Justement, par votre démarche, ne craignez-vous pas de tomber dans une entreprise uniquement formelle, de vous éloigner du fond, de ce qui est dit ?

F. D. : On ne peut pas véritablement traiter du fond. En même temps, ce n’est pas uniquement formel puisque du sens peut naître de rapprochements ou de collages que l’on peut faire dans les pièces sonores ou agencement des collections.

J. L. : Et cela dépend des entrées. Pour une entrée comme “Cadences”, la question du fond et de la forme est assez simple parce que là, on peut facilement repérer une cadence, une forme musicale ou rythmique très précise. Un logiciel pourrait même repérer seul cette cadence dans la parole. Par contre, il y a beaucoup d’autres entrées où c’est plus délicat. Comme “Responsabilités”, que nous avons définie comme la manière dont on inclut d’autres locuteurs, comment on parle pour quelqu’un d’autre ou au nom de quelqu’un. Dans ce type d’entrée, on ne peut pas vraiment dissocier le fond de la forme. Là où on peut dire que notre entreprise est formelle, c’est que l’on ne va jamais opérer de rapprochement entre des documents en fonction de leur contenu. Si un document parle de la mort par exemple, comme dans la conférence de Jacques Lacan à Louvain, on ne va pas mettre en regard un document qui parle lui aussi de la mort. On va plutôt lui adosser un document sonore où un type hurle sur un chat avec le même genre d’intensité ou les mêmes espacements que Lacan.

F. D. : Mais il ne s’agit évidemment pas de dire que parler dans une conférence sur la mort, c’est comme hurler sur son chat…

Pour revenir à la parole radiophonique, on adresse cette parole à un public, avec souvent un ton particulier… En radio, il y a un cadre et des figures imposées très fortes dans l’exercice de la parole. Pensez-vous qu’il existe aujourd’hui une parole radiophonique libre de contraintes ?

J. L. : Déjà, il faut s’interroger sur ce que veut dire véritablement une parole libre. Même le cadre le plus informel comme celui de la conversation entre amis à table ou la conversation d’oreiller, c’est quand même une parole qui a un cadre. L’illusion ou le fantasme d’une parole libre me semble se heurter à cette réalité, où de fait il y a toujours un cadre d’énonciation. Récemment, un de nos membres, Nicolas Rollet, a enregistré un schizophrène qui délirait seul dans le métro. C’est un très beau document sonore. Cet homme parle à des gens qui sont réellement dans la rame puis tout d’un coup, il se met à s’adresser à Nicolas Sarkozy puis il s'exclame “oh mon maître, oh mon roi…” Dans cette parole, il y a des changements d’adresse ou de focalisation très impressionnants. Dans ce cas, on pourrait effectivement penser que c’est une parole libre, dans la mesure où le cadre se déplace tout le temps, où il y a des fictions de cadre qui se succèdent. Cependant, il n’en demeure pas moins que cet homme est certainement pris dans un cadre à lui.

F. D. : Oui, une parole libre, c’est peut-être une parole qui va sauter d’un cadre à l’autre. Mais même le babil d’un bébé, c’est très cadré. Elle fonctionne comme une imitation ou une reproduction... En y réfléchissant bien, je vois peut-être un exemple de parole libre, hors-cadre, que nous avons dans la collection. C’est une intervention des intermittents au journal télévisé de France 2. Il y a une femme qui prend la place du présentateur pour lire des revendications. C’est certes une intervention militante, donc cadrée, mais elle vient par effraction, elle bouscule le cadre du JT.

J. L. : En fait, c’est ça, la question de la liberté. Plutôt que de la penser comme la propriété essentielle d’une parole, il vaut mieux la penser en termes d’effraction ou d’émancipation, en ce qu’elle se libère ou vient déplacer le cadre dans lequel elle est placée au départ.

Au-delà de vos créations sonores que l’on peut écouter en ligne sur votre site ou à l’occasion de diffusions publiques, vous avez créé une chorale mais aussi un spectacle, Parlement, où la comédienne Emmanuelle Lafon interprète seule sur scène des dizaines de documents sonores à la suite. Ce type de performances génère aussi une autre écoute…

J. L. : La performance, c’est une idée qui nous est venue dans un second temps. Pour le spectacle Parlement, nous avons cherché à voir comment la succession de paroles très différentes dans un même corps, dans une même voix, pouvait permettre de mieux faire entendre notre collection. En passant par l’interprétation par un seul acteur, en faisant passer ces paroles dans un même corps et une même voix, cela crée une continuité qui permet de comparer des choses très hétérogènes de manière encore plus aiguë.

La Chorale c’est encore une autre idée. Parce que là ce n’est pas tant la continuité entre les documents sonores qui nous intéresse (ils sont interprétés un par un) mais c’est plutôt le fait de doubler, de superposer et d’avoir plusieurs interprètes, où l’accent est mis sur la forme. Plus la parole est quotidienne, plus le fait de l’interpréter à plusieurs lui donne un côté très écrit. Ainsi, le moindre “euh” ou la moindre hésitation, comme nous l’interprétons à plusieurs, tout d’un coup, cela lui donne plus d’ampleur, et tout devient remarquable.

427181268_b349893699.jpg(cc) Mouth Fingering . . . by Tommy Forbes on flickr

Vous étudiez la parole, mais qu'en est-il de l’écoute ? Car avec la diffusion numérique, l’écoute en streaming sur internet, les modalités de diffusion comme d'écoute ont changé… Pensez-vous que ces changements sont venus modifier la parole de l’autre côté ?

F. D. : Avec internet, je dirais que les prises de paroles se sont surtout élargies. Notamment par le biais des correspondances Youtube où évidemment il s’agit d’image mais où il y a aussi beaucoup de paroles. Comme par exemple dans les “biffs” de rappeurs qui règlent leurs comptes entre eux sur internet. Jusque là, cette parole, en diffusion, n’existait pas. Dans la vraie vie, insulter quelqu’un pendant 10 minutes en face à face, cela n’existe pas. Cela ne peut pas durer 10 minutes. De ce fait, il y a peut-être un élargissement des formes de paroles.

J. L. : Notre collection comporte pas mal de ces messages postés sur Youtube. On trouve aussi des tutoriels de chant, de danse ou bien d’informatique. Récemment, on a découvert un nouveau phénomène, le “hauling”, où des jeunes américaines se filment sur Youtube en train d'exposer le shopping qu’elles viennent de faire. C’est un document très intéressant que l’on a intégré dans la pièce “Saturations” parce que la jeune fille a une manière très particulière de s’exprimer sans aucun espacement… A la télé ou à la radio, jamais aucune émission ne donnerait 20 minutes de son antenne à une telle parole.

Est-ce que ce n’est justement pas cela qui a changé ? Avant, à la radio ou à la télévision, on vous donnait la parole afin qu’elle soit rendue publique. Aujourd’hui, les gens prennent la parole d’eux-mêmes et la diffusent…

F. D. : Oui, c’est comme ce fan de Britney Spears en larmes sur Youtube qui défend la chanteuse et dit à la fin de son message qu’il faut la laisser tranquille et que si quelqu’un veut s’adresser à Britney Spears, cela doit désormais passer par lui. Il se place quasiment en intermédiaire entre le public et la chanteuse.

J. L. : … et c’est vrai que cette parole-là, à ma connaissance, est rarement reprise à la radio.

Vous-même, vous êtes de grands auditeurs de radio ? Qu’est ce que vous écoutez à la radio?

J. L. et F. D. : France Culture essentiellement ou Radio Aligre. En gros, des radios où l’on donne du temps à la parole…

~

Du 23 au 25 février 2011, l’Encyclopédie de la parole participe au Nouveau Festival du Centre Pompidou à Paris. Au programme : la Chorale, le spectacle Parlement, plus des conférences et la diffusion de la nouvelle pièce sonore sur l'entrée “Emphases” par David Christoffel aux côtés des plus anciennes Timbres de Jeanne Robet et Sympathies de Pierre-Yves Macé.

Céline Develay-Mazurelle

Lundi 21 février 2011 1 21 /02 /Fév /2011 15:08
- Publié dans : Entretiens - Communauté : ECOUTE ECOUTE
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Transistor Radio by Benito.S on flickrEt voici... Radiauteur, une web revue biannuelle sur l'art radiophonique, qui compte sur votre participation pour constituer son contenu éditorial. Premier appel à projet sur le thème de la “liberté”, freedom, in english of course, pour le 30 avril 2011. Soutenu par l'Université de Londres, Radiauteur est aussi un site ressource qui recense artistes, radios de création et sites web associés. Bref, une nouvelle étoile dans notre constellation.

Mardi 8 février 2011 2 08 /02 /Fév /2011 14:24
- Publié dans : Notules - Communauté : Radio
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Syntone se lance dans le visuel ! Ou plutôt c'est vous que nous sollicitons ! Envoyez-nous votre ou vos “image(s) de la radio” : photo, dessin, peinture, gravure, collage, etc. Toutes les formes ~ documentaires, figuratives, abstraites, etc. ~ sont grandement désirées, pourvu qu'elles évoquent l'écoute, le phénomène ou l'imaginaire radiophonique !

Cet appel à créations se fait en complicité avec le festival Sonor, à Nantes du 20 au 27 mars, qui habillera son salon d'écoute au Lieu Unique (transats, coussins et voluptés auditives) de vos créations visuelles projetées dans l'espace de la salle. Ensuite, nous les publierons sur Syntone sous la forme d'une exposition journalière puis d'une galerie permanente. Pour participer :

• Prenez contact avec nous [sujet du message : Images radiophoniques].

• Envoyez-nous votre (ou vos) création(s), de préférence inédite(s), sous forme numérique (original numérique ou scan) au format JPEG, résolution conseillée 1024 x 768, 300 ppp.

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• En participant au projet, vous acceptez les conditions d'utilisation de votre (vos) création(s) dans le cadre du festival Sonor 2011 et sur Syntone sous la licence creative commons qui régit tous nos contenus.

• L'échéance pour participer est portée au 10 mars 2011.

Au plaisir !

Jeudi 3 février 2011 4 03 /02 /Fév /2011 11:00
- Publié dans : Notules - Communauté : Radio
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Jeudi 3 février, les Passagers de la Nuit s'insèrent dans la journée spéciale que France Culture consacre à la Recherche en France, en proposant une rencontre sur le son comme objet d'étude.

My first cover by Nicki Dugan on flickr Autour de la table seront représentés : le laboratoire Lutheries - Acoustique - Musique de Paris Jussieu qui ausculte ces trois domaines sous les angles croisés des sciences dures et des sciences humaines ; le département Perception et Design sonores de l'IRCAM qui travaille sur la création de nouveaux objets et signaux sonores ; le Laboratoire d'Étude de l'Apprentissage et du Développement de Dijon, qui parlera sûrement d'audition, de parole et de langage ; et le GIPSA-lab de Grenoble pour la communication vocale homme-machine. L'émission aux horaires exceptionnels (22h10-23h30) sera réalisée en direct du Muséum National d'Histoire Naturelle, lieu duquel le domaine bioacoustique sera abordé, via la fameuse sonothèque du musée. Entrée libre dans la limite des places disponibles et à vos podcasts !

Mercredi 2 février 2011 3 02 /02 /Fév /2011 14:09
- Publié dans : Rendez-vous - Communauté : ECOUTE ECOUTE
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Un roman d’aventures sans action ni personnages. Un écrin narratif luxuriant mais vide. La récente contribution de Radio Grenouille au réseau Radia s’apparente à un geste littéraire post-moderne : trafiquer l’ADN d’un genre pour en faire naître une forme ironique, référentielle ou franchement mutante. Ici, les auteurs semblent avoir effacé toute trace de héros et supprimé les pistes où s’étageaient les péripéties. Ekina Degull s’écoute dès lors comme une suite très maîtrisée de paysages sonores lesquels sont autant de décors potentiels à un suspense dont on n’entendrait même pas le souffle. De leur succession même naîtra la sensation de continuité temporelle et d’une écriture logique. D’un port aux sirènes surréelles on plonge dans un univers aquatique composite (des chants de baleine, des notes électroniques) avant de remonter à la surface ~ et de retrouver ses esprits. Là, l’auditeur se perd dans une jungle à la faune extravagante et semble devoir faire le deuil de tout repère réaliste. Ces tableaux aux dimensions variables sont parfois rythmés par des scènes à la focale plus précise ~ un combat de chiens, notamment. Mais celles-ci semblent ébauchées, un élément leur manque toujours, d’où ce sentiment de perception partielle, incomplète. De loin en loin des bribes de phrases parviennent à s’échapper de cette gangue sonore : des voix d’archive, sans doute extraites de vieux films d’aventure, venant s’il le fallait préciser l’imaginaire collectif dans lequel Ekina Degull évolue. Posant des questions auxquelles personne ne répond, elles se posent comme des balises qui donnent des indices autant qu’elles désorientent. “Nous sommes à l’intérieur de ta conscience, dit l’une d’elles. Fais attention.” Tout est dit. Ce 300ème numéro de Radia n’est pas tant une fiction que sa suggestion. On parlera de narration transparente, à l’image de ces édifices de verre où le reflet de soi-même donne l’illusion que l’on peut les habiter, ne serait-ce qu’une seconde. Si l’on navigue à vue quelque part entre Swift, Stevenson et Jules Verne, c’est bien à l’adaptation sonore d’un jeu de rôle à laquelle on prend part : un parcours dont vous êtes le héros. C’est vous, et aucun personnage de substitution, qui êtes invité à plonger, lutter, errer. Avec la liberté d’y suivre ses intuitions ou ses désirs les plus fous. Un épisode inédit de l’Île Fantastique ?

Au final, Ekina Degull ne prétend pas faire autre chose que de jouer avec les codes classiques de la création radiophonique : déploiement d’un monde par la grâce de ses manifestations sonores, immersion proposée au public, appel à l’imaginaire comme huile moteur. Mais sa souplesse et son humour rendent l’exercice plus que rafraîchissant. La qualité de sa réalisation offre une voie de plus : rester à l’écart, se concentrer sur la texture audio pendant 1661 secondes jamais directives, jamais explicites. Donnant vie ainsi à une nouvelle race d’auditeur : le héros contemplatif.

Pascal Mouneyres


Ekina Degull

Par Loïse Bulot, Tony Regnauld, Floriane Pochon
Radia du 3 janvier 2011

Mardi 1 février 2011 2 01 /02 /Fév /2011 09:05
- Publié dans : Radia (chroniques) - Communauté : Radio
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Our radio program5 Taiwan by Allan flood on flickrVous ne connaissiez que Facebook et vous ignoriez qu'à l'instar des militaires en retraite, des sourds ou encore des adeptes de la plongée sous-marine, chaque niche et sous-niche de la population mondiale se doit aujourd'hui d'avoir son propre réseau social ? C'est maintenant le cas des amis et des amoureux de l'art radiophonique, grâce à Radioartnet, une initiative des espagnols José Iges et Pedro López. À quoi ça sert, pour l'instant on n'en sait rien, mais cela deviendra sûrement ce que les membres en feront.

Lundi 31 janvier 2011 1 31 /01 /Jan /2011 09:42
- Publié dans : Notules - Communauté : Radio
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L'évolution technologique de la radio depuis le début du XXIème siècle nous oblige à reconsidérer la définition même de l'art radiophonique1. L'art radiophonique se caractérisant généralement par la pratique de la radio à des fins artistiques, lorsque le médium se bornait à être un flux analogique hertzien, c'était simple. Mais qu'est-ce que la radio aujourd'hui ? Toujours la même chose (... peut-être plus pour très longtemps2)… et bien des choses différentes en même temps.

Old Radio by Leo Irakliotis on flickrTout d'abord et historiquement, la diffusion des radios par internet ~ le streaming ~ a changé une première fois la donne : sans physicalité de la modulation hertzienne, plus d'équivoque. Lorsqu'on veut écouter un flux numérique, c'est 0 ou 1 : ça marche ou ça ne marche pas. Pas d'état intermédiaire déterminé par la position géographique du récepteur, pas de brouillage ni de parasitage puisque le signal n'est plus transporté dans l'espace physique3.

Puis, la radio a connu sa vraie révolution avec la mise en ligne des émissions, l'archivage, le podcasting et l'apparition de contenus dits “radiophoniques“ pourtant créés spécifiquement pour le web en-dehors de tout organisme de radiodiffusion traditionnel4. Par conséquent, la radio n'est (définitivement) plus en direct, elle n'est plus éphémère, elle ne fait plus que passer : elle reste, elle se matérialise, elle devient un objet concret, manipulable. Or, beaucoup de metteurs en ondes le disent : on ne monte pas, on ne mixe pas de la même façon un même sujet lorsqu'il est destiné au flux ~ qui suppose un “avant” et un “après” et qui souvent induit une écoute moins attentive, peut-être moins exigeante ~ qu'au stock ~ qui peut être interrompu par l'auditeur, réécouté mille fois, conservé : le mixage pour le flux serait souvent plus lâche, de manière à laisser des portes d'entrée et de sortie à l'auditeur, le mixage pour le stock serait plus tendu. On travaille sans doute différemment sachant le résultat analysable et critiquable à loisir.5 Si l'on ne croit qu'il n'y a d'œuvres que matérielles, c'est peut-être une chance pour la radio d'accéder à sa reconnaissance en tant qu'art. Mais en même temps, les frontières entre domaines d'expression sonore s'estompent au point de brouiller la spécificité de l'art radiophonique.

Aujourd'hui, ce qu'on appelle radio revêt des acceptions très différentes du point de vue technique, tant et si bien qu'une définition de l'art radiophonique reposant seulement sur l'usage d'un médium n'est plus satisfaisante. Comme nous l'avons vu précédemment, la radio semble s'être réduite à être une simple convoyeuse de sons. Son identité, en tant que médium à part entière sur lequel de nombreux artistes ont expérimenté par le passé (détournement, mise en abyme, piraterie), est devenue confuse. Pourtant, de nombreuses personnes qui créent des contenus seulement sur le web disent qu'elles font “de la radio” et il arrive souvent qu'on qualifie une œuvre de radiophonique sans qu'elle n'ait jamais mis les pieds sur des ondes hertziennes. C'est dire que notre définition de l'art radiophonique n'était pas bonne. C'est dire en fin de compte que la radiophonie tient probablement plus de l'esthétique que de la technique. Mais alors, qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qui distingue une œuvre radiophonique d'une œuvre sonore ? Quel est le rapport entre La Guerre des Mondes en 1938 et un “son” d'Arte Radio en 2011 ? À vous de nous le dire ?!...

Etienne Noiseau

1 Voir la définition sur Wikipedia.

2 Lire sur Syntone Les radios associatives au cœur de la numérisation du média par Julie Heurtel.

3 Lire sur Syntone Brouillages ~ Les territoires radiophoniques de l'analogique au numérique par Samuel Ripault.

4 Arte Radio, Silence Radio, et de nombreux créateurs web se réclament de la radiophonie.

5 Lire sur Syntone Fondu à l'ouverture sur une nouvelle décennie.

Vendredi 28 janvier 2011 5 28 /01 /Jan /2011 15:01
- Publié dans : Articles - Communauté : Radio
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ear by wanderingnome on flickrC'est l'édition bruxelloise de la Semaine du Son qui retient notre attention cette année. Cette première édition officielle (après une extension de la semaine française en 2010 avec la présence de Raymond Murray Schafer, cf. notre post) a des airs de festival tant elle est résolument tournée sur l'art et la culture. La programmation réunit de nombreux acteurs sonores de la capitale belge tels BNA-BBOT, le Musée des Instruments de Musique, les écoles INSAS et RITS (cf. notre article), Par ouï-dire (RTBF), City sonics de Mons, etc. Au menu : séances d'écoute, films, concerts, installation, ateliers et... qi gong. Ça se passe du 24 au 30 janvier et tous les renseignements se trouvent ici.

Vendredi 21 janvier 2011 5 21 /01 /Jan /2011 14:05
- Publié dans : Rendez-vous - Communauté : ECOUTE ECOUTE
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Contrairement à l'édition précédente, nous ne parlerons pas de la Semaine du Son cette année, pour la simple raison que les événements radiophoniques y sont rares. Mais cette manifestation qui se développe et se médiatise un peu plus chaque année démontre que la notion d'écologie sonore devient tendance. Pourtant, comme du développement durable à la décroissance, il y a, dans le domaine sonore également, plusieurs niveaux de critique écologique.

ear protection by michael allroy on flickr1er niveau : On ne parle pas de son, mais de bruit, toujours comme synonyme de nuisance. Solutions : palliation et répression. On installe des double-vitrages aux fenêtres, on construit des murs anti-bruit, on se met des bouchons (ou des écouteurs) dans les oreilles, on condamne le tapage nocturne et les volumes sonores excessifs dans les salles de concert... Ça correspond à 99% de la politique publique de ces quarante dernières années, ça crée de l'industrie et des taxes, ça produit du plastique, ça augmente l'individualisme et le retranchement social.

2e niveau : On évite de parler de bruit (notion péjorative), on parle d'environnement sonore (notion objective). Pour le mesurer, on évoque des critères non plus seulement quantitatifs, mais aussi qualitatifs. Le bruit des uns est (parfois) la musique des autres, et vice versa. On invoque un relativisme socio-culturel. On fait appel à des artistes pour créer des balades sonores afin d'apprendre à vivre avec le bruit de l'échangeur, à des designers pour (finalement ?) donner à la voiture électrique un son de moteur à explosion.

3e niveau : On se met à considérer le son du ventilateur de votre ordinateur ou de la clim de votre bureau que vous n'entendez même plus mais qui vous abrutissent toute la journée et que vous retrouvez dans votre habitation, celui du parc éolien à 500 mètres de chez vous qui vous vend de l'électricité propre. On apprend que la pollution acoustique est bien pire là où on ne met jamais les oreilles : sous la mer, où les sonars, les moteurs des transporteurs, les forages pétroliers, brouillent les communications entre cétacés, indispensables à leur reproduction. On émet l'hypothèse qu'entre les intensités assourdissantes des concerts ou des baladeurs et la médiocrité des contenus musicaux dominants, il y a un certain lien. Et on découvre que tous ces bruits, tous ces sons dont l'abus est toxique pour l'homme et la nature, ont une origine, une logique économique commune, qui est celle du capitalisme.

Pourtant jamais on ne dit que la solution au bruit de l'aéroport, ce n'est peut-être pas de protéger les riverains par un arsenal d'isolation high tech, ou même de bâtir la zone pavillonnaire un peu plus loin, mais que c'est peut-être de ne pas construire l'aéroport du tout. Des tambours de guerre au canon sonique en passant par le répulsif anti-jeunes, on oublie que le son est aussi un instrument de terreur et de contrôle. Ne serait-il pas temps, enfin, que l'écologie sonore ~ une notion créée par un musicien, un poète (R. Murray Schafer, “Acoustic ecology”), et adaptée depuis à toutes les sauces ~ prenne un sens profondément politique ?

Etienne Noiseau

Vendredi 7 janvier 2011 5 07 /01 /Jan /2011 13:54
- Publié dans : Articles - Communauté : ECOUTE ECOUTE
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