C'est avec beaucoup d'excitation que nous publions pour la première fois en français ces trois textes de référence. On a beau dire, mais même lorsqu'on se débrouille en langue étrangère, lire dans le confort de sa langue maternelle fabrique de nouvelles connexions de façon incomparable.
75 ans séparent le texte le plus ancien du plus récent. De tout temps, on a voulu penser la radio, et la pousser plus loin. Le manifeste futuriste La radia (1933) s'appuie sur l'ubiquité et la vitesse des transmissions électromagnétiques. Tout en faisant allusion à de seules manifestations sonores, il va au-devant même de l'invention de la télévision. Federico Tomaso Marinetti et Pino Masnata balaient le vieux monde à l'aide d'images saisissantes propres au langage futuriste. Vers une définition de l'art radiophonique (1998), insufflé par l'artiste étasunien établi à Vienne Robert Adrian, est connu pour être en pratique devenu la charte de Kunstradio, fameuse émission de la radio publique autrichienne et plateforme de l'art radiophonique international. Publié alors qu'internet balbutiait, ce texte sert encore de référence à de nombreux artistes qui considèrent que l'art radiophonique n'est pas simplement de la création sonore diffusée à la radio. Le manifeste radioart (2008) de Tetsuo Kogawa est, quant à lui, davantage une réflexion a posteriori sur la pratique de l'auteur, qui suggère qu'il existe un art radiophonique particulier, consistant en la manipulation même du système de transmission.
Ces trois manifestes étonneront, bousculeront peut-être notre conception très francophone de la création radiophonique. En effet, l'expression même de “création radiophonique”, beaucoup plus usuelle en français qu'“art radiophonique” (à la différence du radio art anglais, du radioarte espagnol, du radiokunst allemand…), raconte certainement beaucoup de notre relation au médium, probablement plus focalisée sur le contenu et le message, que sensible au phénomène physique ou à l'expérience esthétique.
Voilà pourquoi il nous semblait important de faire connaître ces manifestes. Nous espérons qu'ils apporteront de l'eau au moulin de chercheurs et d'artistes. Ils sont libres de droit, leur traduction également, mais si vous les empruntez et les citez, cela nous fera plaisir de le savoir ! Blogging oblige, afin de ne pas trop encombrer le flux, nous commençons par publier les trois textes d'un seul coup en format téléchargeable (pdf) avant de les publier un par un en html sur le blog. Bonne lecture et, surtout, faites-nous part de vos réflexions.
• La radia (1933), Federico Tomaso Marinetti et Pino Masnata. Texte original La radia, traduit de l'italien par Olivier Féraud : [html] [pdf]
• Vers une définition de l'art radiophonique (1998), Robert Adrian. Texte original Toward a definition of radio art, traduit de l'anglais par Etienne Noiseau : [html] [pdf]
• Un manifeste radioart (2008), Tetsuo Kogawa. Texte original A radioart manifesto, traduit de l'anglais par Samuel Ripault : [html] [pdf]
Alessandro Bosetti est né en Italie en 1973. Musicien “parlant”, polyglotte, il travaille sur la sonorité des langues et décline aussi sa recherche sur le langage à la radio en jouant à la limite de celle-ci, sur l’incompréhension linguistique. Son travail oscille entre art radiophonique, art sonore et musique expérimentale ~ il ne souhaite pas être associé à un domaine en particulier, l’important pour lui étant de trouver du musical là où on ne l'imagine pas : “dans les vocalises d’une personne qui chante faux, dans la langue parlée, dans les cris des enfants, dans le chant d’un handicapé, dans les instruments cassés, dans une pause entre deux phrases, dans les sons qu’on jette à la poubelle…” Alessandro Bosetti fait sienne la phrase du pianiste Misha Menegelberg : “Je fais de la musique que je voudrais écouter, mais qui n'existe pas”. Entretien par Anna Raimondo, artiste sonore, à lire en se reportant aux extraits audio en ligne sur le site de Bosetti.
Quand tu penses à la radio, à quoi penses-tu ? Aux mots, à la musicalité de la langue, à l’écoute ou à toutes ces choses à la fois ?
Je ne pense pas spécialement à la radio ! J'écoute la radio quand je roule en voiture, et j’écoute ce qui se présente. La radio, c’est une chose qui vient de nulle part, mais qui te parle depuis le centre de la tête.
Pour toi, la radio est-elle seulement un moyen de diffusion ou bien un langage à part entière où tu déclines ta recherche artistique ?
La radio est pour moi le média idéal pour une forme mixte faite de sons et de mots. Mes premières productions radiophoniques étaient des documentaires pour la série Centolire de Radio Tre, dans les années 90. Cela m’a permis de trouver le format adéquat pour être un musicien parlant. Je dis “musicien parlant” parce qu’à cette époque, j’avais toujours un saxo à la bouche et cela me semblait problématique. Je me rendais compte qu’il était difficile de “dire” avec la musique (le fait de ne rien devoir dire de spécial, je m’en rends compte aujourd’hui, est plutôt un grand avantage). En tous cas, je voulais “dire”. La radio est alors venue à mon secours. Les field-recordings, les interviews, les collages de langages et la recomposition musicale des mots sont des éléments à partir desquels je continue à travailler encore aujourd’hui.
En 2000, quand j'emménageais à Berlin, j'ignorais totalement la tradition allemande d'expérimentation radiophonique. Le compositeur Tim Hodgkinson a écouté ma pièce Pinocchio et il m’a ensuite encouragé à découvrir l’univers de la fiction radiophonique expérimentale allemande, le Neue Hörspiel. Je n’y connaissais rien, mais dix ans plus tard, j’ai travaillé pour le département d’art acoustique de la Deutschlandradio et pour le Studio Akustische Kunst de la WDR. Je suis devenu plus familier de cette tradition, notamment à travers les œuvres de Maurizio Kagel, Barry Bermange, Alvin Curran ou encore Luc Ferrari, une grande source d'inspiration pour moi de par son ouverture totale. Pinocchio, sans le savoir, avait tout pour être un Neue Hörspiel.
La radio m’offre la possibilité d’expérimenter et de développer ma recherche artistique, mais je ne me considère pas exclusivement comme artiste radiophonique. Ça ne m’intéresse pas d’être spécialiste. Je suis un musicien dont la musique demande des modalités d’écoute particulières, et cela fonctionne bien à la radio. Peut-être parce que mes créations ressemblent à de la radio : elles peuvent se faire passer pour de la radio sans que personne ne s’en aperçoive, elles peuvent se camoufler.
(cc) Alessandro Bosetti by Angeline Evans on flickr
Arcoparlante est un projet où la radio et les mots sont des personnages. Un projet à travers lequel on peut explorer les limites de la radio et l’incompréhension linguistique. [Lire la chronique d'Arcoparlante par Pascal Mouneyres sur Syntone]
Arcoparlante est une sorte de bouche-à-oreille via la radio. Un court-circuit qui fait sortir des contenus secrets du chaos sonore. Parce qu’il semble impossible d’écouter le chaos sans croire entendre des voix, des messages, des histoires. Tout est né d’une série de transcriptions d’émissions radiophoniques au son très altéré. On y entendait une voix sans pour autant comprendre la langue, ni ce qu’elle disait. Il était impossible de deviner si le locuteur était un homme, une femme ou un enfant. J’ai retranscrit fidèlement ce que je croyais comprendre. Ce procédé a créé un langage surréaliste et morcelé.
Pendant une nuit de l’hiver 2009, nous avons diffusé ces transcriptions, lues par un animateur, sur les ondes moyennes de Deutschlandradio. Nous avons demandé aux auditeurs de les retranscrire à nouveau, puis de de nous les envoyer par e-mail. Quand les transcriptions arrivaient, je les transmettais à l’animateur qui les relisait en direct. La pièce finale est basée sur ma tentative de recomposer ces fragments, un par un, en rassemblant tous les retours reçus des auditeurs. C'est une composition de 50 minutes, un voyage dans une sorte d’inconscient collectif qui habite dans l'éther.
Dans African feedback, qui est un projet où tu as demandé à des gens au Mali et au Burkina Faso de décrire ou d'imiter les musiques expérimentales occidentales que tu leur faisais écouter, les hésitations, les vocalises ont parfois plus de sens que les mots. Cette pièce en particulier propose une écoute de la musicalité des langues, un jeu sonore qui amène à une sorte de communication de ce qui est en-deçà ou au-delà de la langue.
Cette pièce a souvent été perçue comme une espèce d’“exercice d’exotisme” sur l’Afrique. En réalité, il s’agit plutôt de musique expérimentale. African feedback m’a sans doute mené plus près de ma musique, un peu comme un remède. J’ai cherché à éviter de tomber dans le piège d’une approche conceptuelle trop complexe. Il s’agit juste d’apprécier la musique et le groove, même s’il s’agit d’un groove très distordu, sibyllin, presque invisible.
Ta recherche se situe à peu près sur cette frontière : comment écouter, jouer avec une langue, avec les mots, au-delà de leur signification, de leur sens. Une manière d’évacuer le problème de la (bonne ou mauvaise) traduction ?
La traduction n’est ni bonne ni mauvaise. Elle est simplement impossible. Quel meilleur terrain pour la création ?
Est-ce que tout cela est lié à ton expérience de vie nomade ? D’où vient ton désir de faire “sonner” les langues ?
Les langues ont toujours sonné dans ma tête. Elles sont comme des feux que je maintiens allumés en moi, et qui brûlent ailleurs.
Pour apprendre une langue, je me suis toujours aidée de l’écoute radiophonique. Mais aussi, quand je vais dans des pays dont je ne connais pas la langue, le geste d’allumer la radio reste une clé d’accès, un moyen pour me familiariser avec le contexte.
Il y a une chose qui me tourmente depuis un moment : la question de la télépathie. J'aimerais être télépathe, mais je ne le suis pas. Sans doute, il y a des gens qui le sont ou qui ont de bonnes raisons de le croire. Des personnes soutiennent qu’avant de parler, les êtres humains communiquaient par télépathie. Si cela était possible, j’imagine que c'était par des ondes radio. Alors il me semble très possible que pendant le processus évolutif, on pourrait dans le futur dédier des régions du cerveau à l’émission des ondes radio. Mais écouter les gens c’est même mieux qu'écouter la radio. Quand j’arrive dans un nouveau lieu, j’écoute les gens. J’aime bien faire des interviews sans préparer les questions. Je me mets là et j’écoute. Je suis curieux, inquisiteur. L’unique façon pour apprendre une langue, c’est de rester avec des personnes qui la parlent. Les langues sont de la musique pour moi, la façon dont les gens parlent, les accents, les inflexions me captivent. La quantité de nuances cachées dans quelques fractions de seconde de son est impressionnante. Le mot est un musique compressée, très dense. Et notre cerveau est capable de le déchiffrer en temps réel. Cela me fascine.
Et les langues survivent seulement si on les parle. Essayer de les garder en vie pour des raisons politiques ne vaut pas la peine. Si la langue est vivante mais oppressée, d'accord. Mais si la langue est morte et qu'elle sert seulement de trophée, alors il n’y a rien à faire. Je crois que c’est la même situation pour la musique, même si beaucoup d’institutions ne s’en rendent pas compte.
(cc) Sans titre par Angeline Evans sur flickr
Quelle relation as-tu avec les langues que tu parles ? Préfères-tu entendre une langue que tu comprends ou écouter une langue que tu ne connais pas ?
J’en suis arrivé à ce stade : ma mère me corrige parfois quand j’utilise le subjonctif en italien. C’est un point de non-retour. Toutes ces langues que je porte en moi sont un peu comme des animaux de compagnie. Il faut leur donner à manger, si tu ne prends pas soin d’eux, ils sont en semi-léthargie. Ou alors, ils deviennent irritables. Chaque langue est un animal différent, avec son caractère.
Et puis il doit y avoir quelque chose dans mes cheveux qui ne me rend pas italien. Les gens pensent que je suis Écossais, Slovaque ou Américain. Un jour, j’ai parlé pendant dix bonnes minutes avec une commerçante de Vernazza (Nord de l’Italie). Je lui ai parlé en italien et elle me répondait en anglais. Et même si je lui avais dit que j’étais Italien, elle aurait continué à me parler en anglais. Peut-être à cause de ma coupe de cheveux très courte. Maintenant j’ai les cheveux plus longs, il faut que j’y retourne pour voir si elle me parle toujours en anglais.
De toute façon, en ce moment, la langue avec laquelle j’ai le plus de problème, c’est l’italien. C'est une langue très baroque qui s’est perfectionnée dans le but de proliférer sans rien dire. Le climat de notre pays est une base parfaite pour ce type de développement. L’italien est une langue magnifique, très riche, mais aujourd’hui elle n’est pas plus qu’une sorte de moisissure. Elle vit dans des espaces obscurs, humides et glissants. Actuellement la langue italienne a très peu de relief et d’intérêt dans le monde.
Je suis en train de préparer une pièce sur l’Érythrée. Comme tout le monde le sait (et l’oublie), il s’agit d’une ancienne colonie italienne et l’italien est très présent dans la langue parlée en Érythrée. En même temps, le pays est parfois comme le flashback d’une Italie qui n’existe plus, dans une sorte de passé suspendu, une condition due aussi à la situation politique. À travers des traces d’italien toujours présentes dans la langue, je suis en train de créer le portrait sonore de ce temps figé.
Quels sont tes autres actualités ?
Je viens de terminer un projet radiophonique pour le Studio Akustische Kunst qui s’appelle A collection of smiles. Pour cette pièce, j’ai enregistré une conversation prise au hasard entre des personnes dans des pièces différentes du studio de radio. Chaque voix a été enregistrée isolée totalement des autres. J’ai pu ensuite les réorganiser comme dans une sorte de motet (type de composition musicale à une ou plusieurs voix). Ensuite, toutes les voix ont été transcrites pour des instruments (guitare, piano, violon, clarinette, contrebasse, célesta et oud). La conversation s’est transformée en un contrepoint dense et reconstruit, une sorte de fugue complexe à mi-chemin entre son et sens, complètement basée sur de la conversation triviale.
Est-ce avec cette technique de transcription de la parole en mélodie que tu as travaillé sur une de tes pièces en français, Dead man, pour Silence Radio ?
Dead man est une miniature sonore semi-surréaliste, qui prend son inspiration dans les textes des chansons de Iron Maiden. Iron Maiden est un des premiers groupes que j'ai vu en live, j'avais 12 ans, c'était à Milan. C'était un concert pas terrible du tout et en même temps magnifique. Et je pense que cette expérience m'a donné l'idée que certaines choses sont tellement moches qu'elles en deviennent belles. Dead man est aussi une pièce sur la mort ou sur la conviction d'être mort. En réalité, il s'agit d'une pièce simple et pas conceptuelle, dans le sens où après beaucoup de travaux et après beaucoup de “discours”, j'ai bien aimé l'idée de travailler sur une composition instantanée dont je ne doive expliquer les raisons à personne, ni à moi-même.
Propos recueillis par Anna Raimondo.
Traduction Amélie Agut.
C'était notre avis aussi lorsque pour l'étranger nous établissions un état des lieux du documentaire radiophonique en France : celui-ci se porte plutôt bien. Mais les documentaristes… ? Ainsi démarre l'intéressant dossier du 1er avril dernier que consacre Hervé Marchon de Libération à l'économie du documentaire sonore.
Le journaliste dresse le constat que, sur France Culture comme sur Arte Radio (les deux seuls employeurs permanents du secteur), les rémunérations sont sans commune mesure avec les cachets pratiqués dans l'audiovisuel. Puis il s'interroge sur le manque de transparence des accords entre Radio France et la Scam, la Société civile des auteurs multimédia qui est l'organisme chargé de négocier et gérer les droits des auteurs ~ ces droits qui représentent pourtant un apport non négligeable à la rémunération des documentaristes. Enfin, un entretien avec Olivier Poivre d'Arvor, le nouveau directeur de France Culture [sur le même sujet, lire aussi notre rencontre avec Irène Omélianenko], offre quelque espérance pour le secteur, ne serait-ce que par de bonnes intentions : l'objectif est de doubler le cachet des producteurs de Sur les docks, mais d'abord, les considérer comme des créateurs.
La lecture du dossier d'Hervé Marchon, par ailleurs producteur et coordinateur de documentaires pour Libé Labo, se termine sur le constat, plusieurs fois répété, qu'aujourd'hui l'auteur de documentaire sonore ne peut pas vivre de son travail ~ et même que ce serait une bonne chose au nom du maintien de la créativité et de la diversité du secteur. Une étrange vérité qui arrange bien le système.
Black Sifichi ~ Audiometric Radio. Toutes les Images radiophoniques.
Lancé il y a plus de cinq ans par l'association brestoise Longueur d'ondes lors de son troisième festival, le site Ousopo (pour OUvroir de SOnorités POtentielles, en référence à l'Oulipo, mais à ne pas confondre avec l'Ourapo) engrangeait en son sein, jusqu'à présent, des “sonorités” disparates ~ travaux d'étudiants, rendus d'ateliers, pièces primées au festival ~ et peinait à manifester sa spécificité, du moins toute sa “potentialité” de webradio participative et créative. Tandis que ces jours-ci, la même équipe promeut un Oufipo (pour OUvroir de FInistérités POtentielles), Ousopo lance son premier appel à participation avec contrainte. Pour le 19 mai, l'équipe attend vos créations en relation avec 1) la lettre K ; 2) un thème “au cas par cas” (cela veut dire, si l'on comprend bien, qu'il n'y a pas de thème imposé, mais les dernières créations mises en ligne peuvent vous inspirer) ; et 3) l'obligation de décliner le sujet en trois facettes ou en trois parties. Toutes les formes sont acceptées (documentaire, fiction, etc.) pourvu qu'elles respectent les contraintes fixées. Les meilleures créations seront diffusées sur Ousopo. D'autres appels avec d'autres contraintes devraient suivre dans les mois qui viennent, en préfiguration d'une séance spéciale lors du prochain festival où un prix sera décerné.
Nicolas Anglade ~ Écoute collective en présence de Frédérique Pressmann à l'Hôtel des Vil(e)s, Clermont-Ferrand, samedi 27 Novembre 2010. Toutes les Images radiophoniques.
Et voici
des nouvelles du très discret “micro festival” Ohrwurm qui fera le 2 avril sa troisième édition au cinéma Oblò de
Lausanne.
Consacré à la création sonore et radiophonique, il propose à partir de 16h une déambulation dans la ville à l'écoute de radios portatives : Reality soundtrack. En première partie de soirée, le cinéma ouvrira ses portes à une programmation sonore sur une thématique animalière et sauvage. Puis à 22h, la documentariste franco-australienne Kaye Mortley donnera une conférence de clôture en compagnie d'Anne Gillot, productrice sur la RSR Espace 2.
Cliquez ici pour afficher le flyer-programme.
Productrice à Radio France depuis 1982 (Les Nuits magnétiques, le Bon plaisir, Clair de Nuit… récemment Sur les docks*) c'est début mars 2011 qu'Irène Omélianenko se voit confier par Olivier Poivre d'Arvor, nouveau directeur de France Culture, la charge de conseillère des programmes pour le documentaire et la création radiophonique. Une fonction qui n'existait pas comme telle auparavant, au sein d'un nouvel organigramme qui distingue plus clairement les quatre bastions de la chaîne culturelle : l'éditorial (confié à Sandrine Treiner), les magazines et plateaux (à Vincent Lemerre, nouvellement nominé également), la fiction (à Blandine Masson) et ce quatrième domaine mixte du documentaire et de la création radiophonique. Tiens, pourquoi la fiction n'est-elle pas du ressort de la création radiophonique ? “La fiction est un département très à part, du fait d'une économie spécifique. Pas de producteurs comme interlocuteurs, mais de forts engagements avec d'autres professionnels : comédiens, réalisateurs, mais aussi des lieux de théâtre en France”, nous explique Irène Omélianenko, “tandis que le département que je coordonne rassemble des émissions singulières chapeautées par des producteurs qui gèrent leurs propres systèmes de production : Les Pieds sur terre, Sur les docks, Les Passagers de la nuit, l'Atelier de Création Radiophonique, Une vie une œuvre.” La fonction de conseillère aux programmes consiste à coordonner ces différentes émissions, harmoniser les projets et entretenir “la conscience d'appartenir à un univers commun”.
Par ailleurs, cette nomination inclut, pour Irène Omélianenko, la coordination générale de l'émission Sur les docks, dont elle assurait déjà l'intérim depuis le départ de Jean Lebrun pour France Inter, où il succède à Patrice Gélinet et ses 2000 ans d'Histoire. En attendant la prise de fonction à la rentrée de deux nouveaux producteurs-coordinateurs afin de construire avec elle l'évolution de Sur les Docks, Irène Omélianenko souhaite déjà pour cette émission moins de rediffusions et plus de liberté dans la forme et le choix du sujet : “Le documentariste est un auteur, il doit être libre de ne pas coller à l'actualité. Plus globalement, mon souhait personnel serait qu'il y ait aussi de la place pour du documentaire long en soirée, puis qu'on se pose la question du webdocumentaire et des formes que peuvent engendrer les recherches actuelles sur le son multicanal et le binaural.” Pour la grille 2011-2012 qui est en train de se construire, on parle déjà d'une émission documentaire de deux heures en week-end, qui à chaque numéro explorerait une cité du monde par les créateurs qui y vivent : intellectuels, musiciens, poètes… Une collection faite par des auteurs, sans standard prédéfini, qui s'appellerait Les villes Mondes.
© photo prise par I. Omélianenko
Et qu'en est-il d'Irène Omélianenko auteure ? “Cette nouvelle fonction n'était pas un poste que j'avais brigué, ni même imaginé. Une des conséquences étant pour moi de ne plus aller sur le terrain (faute de temps), j'ai vécu une petite tragédie intérieure le temps d'accepter ce renoncement. C'est une nouvelle étape de quelques années qui s'ouvre dans mon parcours et je me suis dit : ça vaut le coup. Cela ne change pas mes engagements auprès de la Scam où je fais partie de la commission sonore, ni à Addor [l'association pour le développement du documentaire radiophonique] où toutefois la question de ma fonction de présidente est à poser. Je tiens à ce projet que nous avons porté à plusieurs et c'est collectivement que nous allons prendre cette décision. Mais je n'imagine pas ma vie sans Addor !”
Propos recueillis par Etienne Noiseau
* Pour connaître plus de détails de son riche parcours, se reporter au communiqué de presse de France Culture.
• Qu'est-ce que Syntone ? ![]()
• Contact
|
• Articles
• Notules |
• Chroniques : ACR Arte Radio Ousopo Par ouï-dire Radia Silence Radio Autres chroniques |
• 10 février : participation festival Sonor • Nantes ~ appel à créations [web]
• 12 février : Accueil en production de création radiophonique (ACSR) ~ appel à projets, bourse [web]
• 13-17 février : Création radiophonique, avec Mehdi Ahoudig • Nantes ~ formation [web]
• 16 février : pariticipation Ousopo, contrainte n°3 ~ concours [web]
• 26 février : Goûter d'écoute (ARTE Radio) • Paris ~ séance d'écoute [web]
• 27 février-13 mars : Réalisation d'un documentaire radiophonique, avec Frédérique Pressmann • Noisy-le-Grand ~ formation [web]
• 1er mars : participation “120 hours for John Cage” (free103point9) ~ appel à créations [web]
• 1er mars : inscription Grand Prix SGDL de la fiction radiophonique ~ compétition [web]
• 12-13 avril + 9-11 juillet : Création radiophonique, avec Mehdi Ahoudig • Nantes ~ formation [web]
• 28 avril-5 mai : Se former au documentaire sonore avec K. Mortley et M. Ahoudig • Arles ~ formation [web]
• 2-13 mai : Sonor • Nantes ~ festival
• 15 mai : participation festival Les Radiophonies ~ appel à créations [web]
• 21-28 juillet : Se former au documentaire sonore avec K. Mortley et M. Ahoudig • Arles ~ formation [web]
• 15 septembre : Brouillon d'un rêve sonore (Scam) ~ bourse, appel à projets [web]
• 27 octobre-3 novembre : Se former au documentaire sonore avec K. Mortley et M. Ahoudig • Arles ~ formation [web]
Derniers Commentaires