Les départements “fiction”, “documentaire” et “art sonore” de la Deutschlandradio Berlin s'unissent pour un projet commun à la croisée des formes. Faites parler les
bruits, inventez de nouvelles formes narratives, brisez les barrières stylistiques ! ~ réclame en substance l'appel à projets.
Envoyez vos pièces inédites d'une durée de 20 minutes maximum. La langue employée n'étant pas un problème tant que cela reste intelligible pour les auditeurs allemands sans nécessité de traduction. Les meilleures pièces seront achetées et diffusées dans Kurzstrecke à partir du mois d'avril 2012.
Dans le milieu radiophonique des États-Unis, le Third Coast International Audio Festival (TCIAF) de Chicago est reconnu comme le “Sundance de la radio”. Le réalisateur indépendant Stéphane Vigneault (Gatineau, Québec) revient de Chicago et rend compte du travail de cet organisme méconnu du public francophone.
© Stéphane Vigneault. Avis du métro de Chicago, octobre 2011.
La nébuleuse Third Coast
Il faut d'abord expliquer ce qu'est le TCIAF, car son identification comme “festival” est trompeuse. Le TCIAF est né en 2000 à l'initiative de WBEZ, station chicagolaise désormais célèbre pour avoir lancé This American Life, l'émission qui allait faire de son créateur, Ira Glass, une icône de la radio publique étasunienne. Le TCIAF a dès le départ l'ambition de mettre en valeur le meilleur du documentaire audio tout en offrant un lieu de rassemblement pour la communauté radiophonique des États-Unis. L'organisation se fait surtout reconnaître pour sa conférence annuelle qui rassemble les professionnels de la public radio, mais les activités du Third Coast sont dès le départ très diversifiées et visent autant les professionnels que le grand public :
• organisation de “Listening Rooms”, des séances d'écoute dans des lieux originaux
• production de Re:sound, une émission qui propose les meilleures pièces radiophoniques du monde anglophone
• organisation du concours annuel ShortDocs qui offre au grand public de soumettre des pièces radiophoniques devant respecter un certain nombres de contraintes (prochain appel de projets en mai 2012)
• organisation du concours Richard H. Driehaus Foundation qui couronne les meilleurs productions de l'année (et qui a remis en prix plus de 250 000 $US depuis 10 ans)
• organisation du Third Coast FilmLESS Festival, un événement axé sur l'écoute de pièces radiophoniques
En 2009, le TCIAF devient un organisme à but non lucratif indépendant de la station WBEZ. 2009 marque aussi le lancement du FilmLESS Festival, un événement qui se veut plus axé sur le grand public. Le FilmLESS a maintenant lieu tous les deux ans, en alternance avec la Conférence. Le TCIAF songe à fusionner en 2014 le FilmLESS et la Conférence et à en faire un événement annuel ouvert autant aux professionnels qu'au grand public.
Le FilmLESS 2011
La dernière édition du FilmLESS Festival s'est tenue à Chicago le 23 octobre dernier. Sur le modèle du festival de film, il offre des “projections” regroupant de cinq à sept pièces radiophoniques de 10 minutes en moyenne. Les projections se terminent par un échange avec un réalisateur d'une des pièces programmées. Étaient notamment présents Jonathan Goldstein, animateur de Wiretap (CBC), et Jad Abumrad, le génie derrière l'extraordinaire Radiolab (WNYC), émission qu'Ira Glass lui-même a récemment avoué jalouser... Environ 200 personnes étaient présentes dans chacun des deux studios utilisés simultanément pour les projections. Sous un éclairage tamisé, les auditeurs écoutent religieusement, mais aussitôt la projection terminée, ils se tournent spontanément vers leurs voisins pour discuter de ce qu'ils viennent d'entendre.
Un des moments forts du festival a été la présentation de la pièce Finding Emilie de l'émission Radiolab qui raconte le retour à la vie d'Emilie Gossiaux, une jeune Étasunienne laissée pour morte après un terrible accident. Ce magnifique document (“Nous ne ferons jamais plus de pièce aussi forte” a avoué Jad Abumrad) avait déjà ému le public aux larmes quand Abumrad a révélé qu'Emilie se trouvait parmi nous dans le studio. D'une voix toujours hésitante, elle a avoué qu'elle écoutait ce jour-là “son” documentaire pour la deuxième fois seulement.
Finding Emilie de Jad Abumrad , Robert Krulwich, and Soren Wheeler :
Finding Emilie s'est vu récompensé en soirée lors du gala du concours Richard H. Driehaus qui couronne les meilleures pièces de l'année. C'est toutefois la pièce The Wisdom of Jay Thunderbolt qui a été sacrée grande gagnante du concours. Cette pièce produite par Nick van der Kolk de l'émission thrasho-sonique chicagolaise Love+Radio a fait l'unanimité au sein du jury pour son inventivité sonore et la qualité de son montage. The Wisdom relate une rencontre avec un ex-commando maintenant gérant d'un club de danseuses à domicile de Détroit... Le jury savait qu'il ne plairait pas à tout le monde en faisant ce choix, mais il a tenu à ouvrir les horizons des auditeurs étasuniens en récompensant une œuvre qui en déstabilisera plusieurs ~ les Étasuniens étant beaucoup plus friands de storytelling que d'expérimentations sonores. Ce pari est d'autant plus risqué que toutes les pièces gagnantes feront partie d'une émission spéciale produite par Third Coast et diffusée sur 175 radios publiques pour Thanksgiving (24 novembre). Le public de cette émission sera bien sûr plus conservateur que celui du FilmLESS et Third Coast s'attend à ce que The Wisdom choque quelques auditeurs.
The Wisdom of Jay Thunderbolt de Brendan Baker, Nick van der Kolk et Nick Williams :
Une fête de la radio
Avec son FilmLESS Festival, le Third Coast veut souligner la vitalité retrouvée de la radio indépendante étasunienne qui, malgré un auditoire de plus en plus vaste et diversifié, fait rarement les manchettes. Comme le soulignait Bill McKibben dans un article très fouillé sur l'état de la public radio, les médias et le grand public semblent avoir pris pour acquis la qualité tranquille et constante des stations affiliées à la National Public Radio. Mais les nouvelles habitudes d'écoute (iPods, etc.) conjuguées à la renaissance du genre radiophonique aux États-Unis (de This American Life à Radiolab à Love+Radio à...) permettent de croire que l'ascension du médium radio est loin d'être terminée.
Réalisateur de l'émission de webradio Gatinorama, Stéphane Vigneault s'est rendu au Third Coast Festival grâce à des soutiens qu'il tient à remercier : la Délégation du Québec à Chicago, la députée de Hull Mme Maryse Gaudreault et la ministre de la Culture Mme Christine St-Pierre.
La raison d'être de Syntone est la critique radiophonique, chose plutôt rare dans nos médias, et nous devons la défendre partout où elle se trouve. Le mercredi 19 octobre, les Inrocks publient un article intitulé France Culture délaisse la création sonore (que l'on peut lire en ligne ici) signé par notre collaborateur Pascal Mouneyres. Prenant le recul d'un mois et demi depuis la rentrée, ce papier, argumenté comme il se doit, ose un point de vue : les nouveaux programmes dits de création radiophonique ne sont pas à la hauteur des émissions des saisons précédentes, abandonnées par la nouvelle direction. Depuis, quinze jours ont passé et si vous ouvrez l'hebdo culturel daté du 2 novembre, vous serez sans doute surpris par le droit de réponse du directeur de France Culture Olivier Poivre d'Arvor. Pourquoi surpris ? Le communiqué d'OPA ne se niche pas sur quelques lignes austères glissées discrètement dans le courrier des lecteurs comme ça se fait habituellement, mais il s'affiche dans la rubrique Médias, pleine page et avec photo ! La méthode dérange, au sein même de la rédaction du magazine dirigé par un ancien patron de Culture, David Kessler. Pensez seulement à ce que coûte une page de presse écrite, une page qui pour cette fois ne bénéficie à aucun pigiste.
Et pour dire quoi, finalement ? Pas grand chose de plus que ce qu'un communiqué du mois de juillet avait avancé pour calmer des “rumeurs” à propos de la rentrée lorsqu'une pétition commençait à circuler : le nombre d'heures de programmes dédiés à la création un peu plus élevé ; le respect des grands noms (Schaeffer, Farabet, Paranthoën) mais le refus du conformisme... ; d'autres subtilités qui nous échappent (à France Culture, on ne regarde pas l'audience mais on s'inquiète du nombre de téléchargements) et toujours des intentions peu précises ("la création d'aujourd'hui", "l'indispensable révolution des genres", “la découverte de nouvelles écritures radiophoniques”) à l'heure où on ne devrait plus être dans l'annonce mais dans le concret d'une grille installée. Bref, une réponse pour le moins décalée.
Cependant, on peut se féliciter que la création radiophonique soit un domaine de toute importance pour Olivier Poivre d'Arvor au vu des moyens qu'il met en œuvre pour neutraliser sa critique. Il ne semble pas donner autant d'énergie à répondre à Rue89 qui informe de partenariats inédits entre le gouvernement Bouteflika et Radio France dans le cadre d'une opération du groupe en Algérie, où France Culture est en production d'une de ses Villes-mondes, l'émission créée par OPA dès son arrivée à la tête de la chaîne.
Le 25ème Prix Europa, une des compétitions traditionnelles les plus prestigieuses, s'est tenu à Berlin du 22 au 29 octobre dernier. Le palmarès 2011 offre la part belle aux productions francophones, et tout d'abord une consécration pour l'auteure Mariannick Bellot. Avec Comme un pied, elle remporte le Prix du meilleur feuilleton pour la deuxième fois après Le Bocal en 2008, sa précédente fiction pour Arte Radio ! C'est aussi une sacrée confirmation pour la webradio d'Arte France qui en est donc à son troisième Prix après l'avoir également remporté en documentaire en 2010 avec Qui a connu Lolita ? de Mehdi Ahoudig. Ce dernier, notons-le en passant, est lui aussi élu cette année pour À l'abri de rien, un webdoc réalisé avec le photographe Samuel Bollendorff. Décidément, les auteurs d'Arte Radio ont le vent en poupe.
Et puis, pour la première fois de son histoire, l'Atelier de création sonore radiophonique de Bruxelles remporte deux mentions spéciales, l'une en documentaire pour Je suis Frédéric de Damien Magnette, l'autre en fiction pour Kirkjubæjarklaustur de Sebastian Dicenaire. Ces deux œuvres auraient sans doute mérité de figurer à la première place, mais leur audace formelle les aura stoppé plus bas. Au sein d'une compétition qu'on a souvent jugé trop classique, ce sont là deux victoires éclatantes, deux belles promesses pour l'avenir.
Alors réécoutons de ce pas :
• Comme un pied, une fiction de Mariannick Bellot mise en sons par Arnaud Forest et Samuel Hirsch
• Je suis Frédéric, un documentaire de Damien Magnette
• Kirkjubæjarklaustur, une réalisation de Sebastian Dicenaire sur un texte de Vincent Tholomé, dont nous pouvons lire la chronique sur Syntone !
Vous ne connaissez pas encore Discuts, le “magazine des manipulations sonores” ? Demandez tout de suite votre exemplaire, il est gratuit ! Chapeauté par Alexis Malbert alias Tapetronic, artiste tellement obsédé par les supports et les techniques sonores qu'il en a fait ses instruments, Discuts est pour lui la possibilité de partager sa passion et ses collections... sur support papier, bien sûr.
Ce troisième numéro de Discuts est consacré à la radio et on a écrit dedans. Sur la thématique “manipulations sonores” versus “radio”, quel meilleur exemple que Tetsuo Kogawa aurions-nous pu trouver ? C'est donc un portrait de l'un des instigateurs du mouvement des radios libres au Japon, chercheur en micropolitique et artiste des ondes électromagnétiques que nous sommes heureux d'avoir offert à Discuts. Nous vous laissons découvrir le magazine avant que vous retrouviez Tetsuo sur Syntone dans quelques semaines.
La question était déjà dans l'air le 26 novembre 2010, première journée des Territoires du documentaire sonore organisée par ADDOR. Elle était de nouveau sous la plume d'Hervé Marchon, membre de l'association et journaliste à LibéLabo, dans le dossier qu'il y consacra en avril dernier [cf. notre billet à ce sujet]. En fait, c'est LA question qui taraude tous les audio-documentaristes un jour ou l'autre ou tous les jours : peut-on en vivre ? comment en vivre ?
Hervé Marchon, et l'auteure et documentariste Mariannick Bellot qui prépare un vade mecum sur le sujet, coordonnent pour ADDOR une nouvelle journée de rencontres le 14 octobre prochain autour de l'économie du documentaire. Il y a bien sûr la question des financements ~ en avoir ou pas ~ mais aussi la façon dont les conditions de travail influent sur la forme du documentaire et sur la durabilité d'une certaine idée de la qualité radiophonique au regard de la précarité des travailleurs.
“Quelle serait une économie utopique du documentaire ?” se questionne ADDOR. “Le documentaire repose sur ce qui n’est pas chiffrable : la naissance d’une idée, la possibilité d’une rencontre, le temps perdu, et sa recherche… Le biais de l’économie permet de mettre différemment en lumière ce qui reste souterrain : comment organise-t-on l’inattendu, l’intime ?”
De nombreux intervenants discuteront avec le public toute la journée du 14 octobre 2011, au Centre Pierre-Sabbagh de l'INA, 83, rue de Patay, Paris 13ème. Entrée libre et gratuite. Programme en ligne.
(cc) Territoires du documentaire sonore, par Lénon. [image originale]
Ainsi, tandis que pour certains, 2011 est l'anniversaire des “radios libres”, d'autres célèbrent tout en nuance “30 ans de libération de la FM”. Et oui, n'est-ce pas ça le plus important : que la bande FM ait pu être un marché comme un autre ? Plus libérale que libertaire, la fin du monopole de la radiodiffusion en France a pleinement profité aux entreprises privées commerciales. C'est le symbole d'une gauche au pouvoir qui dès le début s'arrange avec ses idéaux. Tout au long de 2011 et particulièrement le 20 octobre prochain au salon Le RADIO, les “acteurs, produits ou sociétés ayant marqué de manière significative le média Radio ces 30 dernières années” se décernent des prix en costume et champagne.
Penser l'après-1981 en 2011, nous nous y essaierons bientôt sur Syntone, avec pour ce faire un détour obligé hors de France.
Les Radiophonies, le rendez-vous parisien dédié à la dramatique radio, fête sa dixième édition ce week-end. Au programme : un nouveau lieu, une nouvelle équipe opérant en collectif et le retour de fictions africaines et québécoises aux côtés des productions françaises et belges. Comme toujours, la part belle est donnée à France Culture et France Inter, mais on retrouvera également les éternelles outsiders Arte Radio (Station 11 de Bruno Lemoine) et Radio Grenouille (Le Programme de Tony Regnauld), de même qu'une sélection de travaux d'étudiants. La jeune création s'écoutera au regard d'une pièce patrimoniale de 1946, Pluie, réalisée par Jacques Regnier sur un texte de Somerset Maugham, interprétée par Édith Piaf [Ne pas se fier à l'image choisie par l'INA] :
Les nombreuses séances d'écoute seront ponctuées par des rencontres-débats et un atelier avec le bruiteur de France Culture Bertrand Amiel.
Les Radiophonies, 23, 24 et 25 septembre 2011. Auditorium de la galerie Colbert, Institut National de l'Histoire de l'Art, 2 rue Vivienne, Paris 2ème. Entrée libre et gratuite.
Cela fait un moment (10-15 ans !) qu'on présente la radio devant un changement majeur. Dominée et parfois assujettie à la télé, la voici (dit-on) défiée par internet, face au tournant multimédia. Dans la bulle professionnelle certains paniquent, d'autres veulent “filmer la radio” et personne ne sait vraiment où tout cela va.
La numérisation et l'internet (écoute en ligne, archivage des émissions, baladodiffusion) ont déjà transformé les modes de réception de la radio, les gens ont donc modifié leurs habitudes d'écoute, mais peu de producteurs ont changé leur façon de faire de la radio. C'est surtout que pas grand monde ne le leur demande, en particulier au sein des radios traditionnelles. Il n'y a que les nouveaux venus (nouveaux producteurs et nouvelles radios) qui pensent et font différemment. Par exemple, le format long n'est plus le seul possible. Les formats courts sont devenus appropriés pour des moments d'écoute plus segmentés. Le découpage en feuilleton ou en série est intéressant pour des types de narration telles les enquêtes par exemple, ou pour couvrir des sujets par différents approches ou points de vue. Aujourd'hui, n'importe quel programme radio peut devenir instantanément une pièce d'archive, alors faut-il continuer à faire de la radio comme si c'était toujours éphémère ?
Depuis que la radio est arrêtable, rembobinable,
réécoutable à la demande, depuis que chaque programme peut se matérialiser sous la forme d'un fichier audio individuel sur le disque dur de l'auditeur, il n'est pas faux de considérer les
programmes de plus en plus comme des œuvres et leurs producteurs comme des auteurs ou des artistes. Comme partout dans la société, la radio s'individualise. Les producteurs.trices travaillent
freelance, ils.elles pigent pour différentes stations, créent leurs propres espaces personnels sur le web et parfois diffusent eux.elles-mêmes leurs productions. Ce sont des sociaux
net-workers. Un jour auditrices ou auditeurs, le lendemain professionnel.les. Dans leurs œuvres, la première personne s'affirme. À l'avenir, ils.elles devraient exiger davantage de droits et
de liberté de création.
Ajouter de l'image et de l'hypertexte au son ne réinventera pas la radio. Mais plus important encore, il faut espérer que les producteurs auront toujours le choix de se concentrer sur leur travail sonore plutôt que de perdre du temps à prendre (ou se soumettre à) de mauvaises images simplement parce que leur employeur l'exige. Bien sûr, un programme radiophonique peut être approfondi par d'autres documents, mais cela doit être fait avec les compétences adéquates et en laissant le son au centre. Ou bien ce n'est plus de la radio. Mais quel intérêt les radios auraient-elles à devenir totalement multimédia ? Elles risqueraient surtout d'échouer face à une concurrence plus habile.
Par conséquent, il faut espérer que la radio jouera la carte de l'amélioration de la qualité sonore. Pas la qualité d'écoute (pas seulement), mais la qualité de l'écriture sonore. N'est-ce pas la spécificité du savoir-faire radiophonique ? Bien sûr, comme tout le monde sur internet est multimédia, les radios veulent de l'image et du texte sur leurs sites et leurs applications web. Mais n'est-ce pas absurde qu'un internaute ne tente pas l'écoute d'un programme simplement parce que l'illustration ou les quelques lignes de présentation ne sont pas assez attrayantes ? Alors probablement que les radios devraient trouver de nouvelles façons de mettre le son en avant (ce qui demande à maîtriser le puissant pouvoir de diversion de l'image), guider l'internaute vers l'écoute, créer de nouveaux canaux audio en quelque sorte. Et ~ encore une fois ~ faire confiance au son. Si les radios donnent à l'auditeur accès à de l'image et du texte, alors elles peuvent libérer le son de toute information inutile. Autrement dit, changer le contenu plutôt que le média.
Ou bien serait-ce déjà trop tard ? Ce désir de média spécifiquement sonore est-il totalement obsolète, datant d'un temps révolu où il ne l'était que par défaut ? Ne faut-il déjà plus attendre cela des radios traditionnelles qui, en concurrence avec les autres médias (télévision, presse écrite), jouent à l'apprenti sorcier multimédia ?
Qu'est-ce que l'OuRaPo ? C'est l'Ouvroir de Radiophonie Potentielle, une invention sonore, intelligente et ludique, bref essentielle. Née du côté d'Arte Radio, elle a essaimé depuis, notamment au sein des feus Passagers de la Nuit. Le principal instigateur de ce bel ouvrage, Thomas Baumgartner, vient d'être invité par son compagnon de jeu Christophe Rault, aujourd'hui membre actif de l'équipe de l'Atelier de création sonore radiophonique à Bruxelles. Ils y animeront tous deux un stage ourapien, sur deux week-ends, les 7-8-9 et 15-16-17 octobre. Inscrivez-vous avant le 21 septembre.
Lire aussi sur Syntone : Georges Perec et la radio, par Marie James.
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