syntone ACTUALITÉ ET CRITIQUE DE L'ART RADIOPHONIQUE

 

VanAckerHanique_perroquet_vigilant.jpgChristine Van Acker par Michel Hanique ~ Christine Van Acker et le perroquet vigilant.

VanAckerVanRoy Le son bleuChristine Van Acker par Thierry Van Roy ~ Le son bleu.

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Lundi 11 juillet 2011 1 11 /07 /Juil /2011 23:31
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Ça se passe dans un lieu au nom impossible à prononcer. Ou plutôt : que l'on croit impossible à prononcer, et on rit de cette impossibilité. Très vite, on l'entend, on l'apprend et il chante : Kirkjubæjarklaustur. “Kirkju – bæjar – klaustur”. On se le répète, on s'en obsède et on s'en fait une ritournelle : Kirkjubæjarklaustur, Kirkjubæjarklaustur. Le nom du lieu, une bourgade islandaise, c'est aussi celui que Vincent Tholomé a donné à un livre, paru aux éditions le Clou dans le fer, et à la pièce radiophonique que Sebastian Dicenaire et Maja Jantar en ont tiré avec lui. La pièce toute entière tient dans ce nom : ce qu'on croit impossible chante en nous. Kirkjubæjarklaustur, le livre, est une “sag ga”, dit son sous-titre : une légende disloquée, un long mythe qui soudain bafouille, bégaye, trébuche et swingue. Ça se passe à une époque vieille, vieille, et peut-être même dans le futur ou tout de suite. Dans Kirkjubæjarklaustur, la pièce, il y a des voitures et des motos, des personnages et des atmosphères, des oiseaux et des narrateurs, une radio et des fantômes, et tout ça est fait à la voix : ça chuchote, ça chantonne, ça siffle, ça gronde, ça raconte, ça bruite, ça discute, ça imite, ça ricane, ça piaille, ça grogne, ça hurle, ça fait chœur, ça respire. La voix contient toutes les machines, toutes les ambiances, toutes les langues, car la radio, disait Sebastian Dicenaire à Syntone, “offre à la voix des registres qu'on a rarement l'occasion d'entendre au théâtre ou en performance”. Conte, performance, poésie sonore, Kirkjubæjarklaustur est tout cela, en même temps que hörspiel : pas une simple adaptation du livre, mais un jeu, une fiction, un relief, recréés là spécifiquement pour la radio et à travers elle.

Ça se passe donc au bout du monde, et juste avant la fin du monde. Il y a une voiture “avançant toute allure entre trou et rien”. Le bulletin météo à la radio annonce des “nappes d'apocalypse”. Dans la voiture, il y a six Sven, “on appelle Sven tous ceux qui ne sont pas d'ici”, et ils voyagent. Sven parle, parle, comme un naïf il parle et interpelle les autres Sven. Il est épuisant et grotesque, il parle du vide tout autour, il s'en étonne, il veut le visiter, alors les autres Sven le mettent dehors et Sven se retrouve tout seul, “perdu perdu”. C'est l'histoire de son “errance furieuse et ridicule”.

Kirkjubæjarklaustur parle du langage et de nous, du langage qui ne peut rien et contre lequel nous cognons de la tête. Le langage, d'abord, s'effrite : il perd sa grammaire, son lien, son liant, les narrateurs n'émettent plus que des bribes. Et pourtant, ces bribes font poésie. Et pourtant aussi, elles donnent à voir tout un paysage. Quand, plus tard, elles seront reprises et complétées dans la bouche d'un personnage, elles ne parviendront qu'à former une phrase de guide touristique : la grammaire retrouvée ne nous apprend rien, sinon l'inutilité du discours journalistique-publicitaire, sa banalisation mensongère de ce qui est beau (le paysage) ou terrifiant (la fin du monde). Le langage, ensuite, révèle l'impossibilité de toute communication ~ il ne sert ni pour dire ni pour entrer en contact avec ses pareils ou avec les autres : Sven tente de parler du vide, mais c'est lui que le langage fait tourner à vide, il tente de rencontrer les habitants de Kirkjubæjarklaustur mais il est comme absorbé par son propre langage, étouffé par lui, enfoui dans sa langue-même qui devient borborygme. Et pourtant, parce qu'il a tenté de dire et d'être avec, Sven, précisément, est humain : les autres sont normaux, monstrueusement normaux. Le langage, enfin, est une pâte informe : on s'y plonge pour ne rien dire, on le parodie et il devient bruit. Et pourtant, tous les bruits de Kirkjubæjarklaustur font langage et créent ensemble une matière pleine à craquer de sens, de rythmes et de notes.

Kirkjubæjarklaustur parle de Kirkjubæjarklaustur et déplie son histoire sur plusieurs strates qui s'entremêlent : celle des personnages, celle de la radio où passent des bulletins d'information, celle des narrateurs à l'identité fluctuante au fil des évènements, celle du chœur qui se lamente et interpelle le destin, celle de la fabrication de la pièce ~ on fait appel à toute l'oralité pour pouvoir dire. Kirkjubæjarklaustur montre les coulisses du son et l'on tombe sans cesse dans les trappes qui s'ouvrent dans l'écoute : “trous, trous dans lande – trous dans herbe tendre – dans crottes de mouton – dans ciel, dans nuage – sur asphalte”, trous dans Kirkjubæjarklaustur. On n'est jamais tout à fait là où l'on pensait être : “Et maintenant on est où ? – Maintenant ? – Oui – On est ailleurs. – Ailleurs? – Complètement ailleurs !”. Les oiseaux ne sont pas d'accord avec les personnages, “mais on s'en fout d'ta fin du monde, mec !”, les personnages s'emballent dans leur parodie du langage, la narration se perd et se retrouve sans cesse, “et nous, c'est qui nous ?”, toute cette foule déborde ses metteurs-en-voix qui s'insurgent soudain : “On comprend rien, on comprend pas, on comprend pas ce qui se passe !” Il faut revenir au livre et l'histoire peut reprendre, peut nous reprendre. Kirkjubæjarklaustur parle de la nécessité de créer, de parler, d'aller vers l'autre, pour affronter, précisément, l'impossibilité de toute création, de toute parole, de toute rencontre. On y entend la jubilation d'inventer les bruits, de s'amuser des sons, de faire œuvre collectivement, de dire l'errance, de ne pas nous prendre au sérieux, “nous”, et de créer une langue vivante à partir des lambeaux du monde. Le langage est en miettes, nous n'avons pas prise sur nos vies, mais nous pouvons chanter, trouver des manières d'être ensemble, et continuer à chercher.

Kirkjubæjarklaustur
Texte : Vincent Tholomé
Réalisation : Sebastian Dicenaire
Voix : Vincent Tholomé, Maja Jantar et Sebastian Dicenaire
Mise en ondes : Christophe Rault
Prise de son : Pierre Devalet et Irvic D’Olivier
Par ouï dire du 20 juin 2011

Mercredi 6 juillet 2011 3 06 /07 /Juil /2011 08:42
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Mardi 5 juillet 2011 2 05 /07 /Juil /2011 08:31
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Tandis que les premières réactions à la suppression des Passagers de la Nuit commencent timidement à apparaître (sur ce blog ou sur notre mur facebook), Olivier Poivre d'Arvor, patron de France Culture, déclare au Médiascope à propos de la grille d'été qu'"il faut insister sur l'image d'une radio qui n'est pas austère, qui est ouverte, curieuse (...). Il faut que les jeunes prennent le pouvoir dans cette radio, il faut leur donner les manettes”. Des propos en contradiction sévère avec ce qui s'annonce pour la rentrée si Thomas Baumgartner, 33 ans, ne retrouve pas une émission à la hauteur de son talent.

E. N.

Vendredi 1 juillet 2011 5 01 /07 /Juil /2011 15:12
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Lundi 27 juin 2011 1 27 /06 /Juin /2011 08:31
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Trop libres ? Trop expérimentaux ? Trop chers ? Les Passagers de la nuit qui ont beaucoup travaillé sur les archives et la mémoire radiophonique ont fini par se fondre avec leur sujet d’études : il faudra dorénavant en parler au passé. L’émission de Thomas Baumgartner ne sera pas présente à la rentrée, son bail n’ayant pas été renouvelé par Olivier Poivre d’Arvor.

Décision sans appel pour ce qui était une des cases la plus inventives de la station, une des vraies bonnes raisons d’écouter (encore ?) France Culture. Après deux années d’une richesse créative enviable et de recherches éditoriales forcément inégales, l’émission serait sans nul doute arrivée à maturité lors de sa troisième saison. Le nouveau directeur de France Culture en a décidé autrement mais ne s’est pas encore exprimé, pas plus que Thomas Baumgartner. Dans les couloirs de la Maison ronde, certains pensent à des raisons économiques à ce choix, d’autres avancent la construction d’une nouvelle grille, avec les jeux de pouvoir et de réseaux y afférant. La place de la création radiophonique, pourtant inscrite dans les gènes de la station, devrait y revêtir une nouvelle forme qui reste pour le moment à définir.

Non annoncée officiellement, cette suppression tombe à une période que l’on dit très agitée à France Culture, où nombre de producteurs ne sont pas rassurés sur leur destin. La disparition des Passagers n’est pourtant pas totalement surprenante : la quotidienne avait été amputée à la rentrée dernière de 20 minutes pour passer à une demi-heure ~ pas forcément très bon signe pour son avenir. Parallèlement, l’ACR était lui aussi raccourci pour être “recadré” sur soixante minutes. Mauvais temps pour les tenants d’une certaine vision de la radio, donc, qui semble aujourd’hui encore chercher une pérennité sur des ondes censées lui être acquises. Il faudra donc se dépêcher de profiter des dernières visites des Passagers, à l’antenne jusqu’à la fin de la saison actuelle, fin juillet. Thomas Baumgartner proposera pendant l’été une série de ses Mythologies de poche de la radio. C’est peut-être dans ce genre d’émission patrimoniale que l’on retrouvera, un jour, les Passagers de la nuit.

Pascal Mouneyres

Vendredi 24 juin 2011 5 24 /06 /Juin /2011 16:02
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Mercredi 22 juin 2011 3 22 /06 /Juin /2011 08:31
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C'est grâce au blog Mediateletipos que nous apprenons l'existence du réjouissant néologisme sodcasting ~ qu'on pourrait traduire (en restant poli) par idiodiffusion ~ qui désigne les comportements adolescents consistant à diffuser de la musique dans l'espace public via leurs téléphones mobiles. En particulier, ce sont les Britanniques qui s'interrogent beaucoup sur les raisons d'un tel comportement, dans le but de parer ce qui en quelques années est devenu, à leurs oreilles, un vrai problème de société. Plusieurs aspects soulèvent la colère des usagers des transports notamment : le type de musique, la qualité médiocre du son et le volume sonore contribuent à générer un sentiment d'agression. Quant aux motivations de ces ados, elles sont souvent innocentes et pas très surprenantes. Pour eux, il s'agit de marquer leur appartenance à un groupe et de se construire un territoire commun qui soit aussi une bulle protectrice. Si certaines voix du côté des pouvoirs publics souhaitent agir par la loi, d'autres songent que la seule solution pourrait être l'éducation à l'écoute.

Samedi 18 juin 2011 6 18 /06 /Juin /2011 11:01
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Renault_chantal-champagne.jpg

Rachel Renault, La mystérieuse Chatte de Chantal, huile sur toile, 97 x 146 cm, 2011.

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Mardi 14 juin 2011 2 14 /06 /Juin /2011 08:31
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Après la première expérience radiophonique #nuitsujet (cf. notre brève d'auditeur dans Syntone), Radio Nova et le site d’information spécialisé sur les questions numériques Owni ont remis le couvert pour une nouvelle hybridation web et radio le 30 mai dernier. Le mot d’ordre, Hack! (qui signifie en anglais “tailler, couper”, fait référence à la manipulation d’un système et son possible détournement) a donné le ton à cette nuit pensée comme un “big foutoir numérique et radiophonique sur la mise en réseau du monde”. Grand lecteur d’Owni, j’étais à l’écoute de ces six heures de programme, orchestrées par Julien Goetz et Mathilde Serrel et diffusées à la fois sur Radio Nova et sur internet à travers, comme pour la première édition, une web-application bien léchée développée par Owni et illustrée par Loguy.

Les heures défilent selon différentes thématiques (Les pirates d’aujourd’hui, Piraterie et politique, Economie et piraterie...), les chroniqueurs s’enchaînent dans les studios pour discuter du hacking et de la place des pirates dans la société. L’interaction avec les auditeurs-internautes fut améliorée avec Romain Saillet qui faisait le lien entre le studio et l’activité sur le réseau : comme pour la première édition de la #nuitsujet, il était possible de poser des questions aux chroniqueurs et d’apporter plus d’informations sur les sujets abordés. Le temps a cependant restreint de nombreuses interventions et le programme de cette nuit, peut être un peu trop chargé, a empêché certains chroniqueurs d’exposer plus longuement leurs positions ou de permettre l’échange avec les auditeurs qui réagissaient sur le web.

Travail intéressant sur la forme, une compilation d’extraits des chroniques et d’interventions de l’heure précédente était diffusée afin de clôturer chaque thématique et rythmer l'émission en invitant l’auditeur à poursuivre l’écoute. De fausses publicités ont également été réalisées pour l’occasion rappelant ce qu’avaient fait Fred Tousch et Diane Bonnot pour le “Salon de la femme” en mars dernier. Cependant, la publicité (réelle cette fois) demeurait trop présente sur les ondes de Nova pour cette nuit spécialement consacrée au hacking et à la piraterie.

owni-pirate-copie-1.jpg

(cc) Par le dessinateur T0ad pour la #nuitsujet HACK ! d'Owni et Radio Nova, Ownipics sur flickr

Question d’écoute

La #nuitsujet est sans aucun doute une expérience radiophonique. Il est plaisant de ressentir l'effervescence dans les studios, d'entendre que l’on se presse, se croise, s’enchaîne pendant ces six heures de direct. Le rythme est intense, parfois un peu trop, et l’écoute peut être vite perturbée par la somme d’informations intéressantes qui convergent sur la web-application en complément de ce qui est dit à l’antenne. Mais tout cela reste disponible et peut se lire dans un second temps, distinct de l'écoute si on la pense attentive. Cette nuit est disponible en podcast sur le site de Nova (lire aussi le compte-rendu d'Owni). Mais combien de personnes iront-elles l'écouter après coup ? Notre écoute n’est certainement pas la même lorsque l’on sait que l’euphorie que l’on entend est vécue en direct depuis les studios. Owni développe actuellement une interface de replay enrichie qui sera censée permettre un nouveau type d’écoute de podcast. La #nuitsujet est-elle parmi ces nouvelles formes radiophoniques à l’ère du 2.0 ? Une expérience véritablement “post-média” comme la présente Nova ? Ce ne sont peut-être que des termes actuellement à la mode qui n’ont pas vraiment de sens clairement défini mais qui ouvrent la réflexion sur notre rapport à l’écoute. La radio, tout comme le web, reste un média. De la radio augmentée oui, mais pourquoi parler de post-média ?

Radio et hacking sonore

Le hacking fut abordé dans un sens large tout au long de ces six heures : piratage informatique, monnaies, brevets scientifiques, droit d’auteur, bio-hacking, street art… autant de sujets qui convergent vers une définition du hacking comme bidouillage, détournement, réappropriation, qui stimulent la création. Un regret : paradoxalement, je n’ai entendu que trop peu parler des pirates de la radio. Ni du potentiel de ce média quant à la diffusion de l’information et aux formes hybrides auxquelles il pourrait donner naissance. Mais s’il est question de bidouillage et de détournement, la place de la radio ne doit pas se limiter à l’histoire des radios pirates. Comment la radio peut-elle détourner, être “pirate” aujourd’hui, 30 ans après la légalisation des radios libres ? Plus largement, de quelle manière le sonore peut-il pirater l’espace de la ville ?

Le film suédois Sound of Noise réalisé par Ola Simonsson et Johannes Stjärne Nilsson nous donne à voir ce que pourrait être un véritable hacking sonore urbain par une bande de six percussionnistes. Pensons aux soundwalks ou balades sonores qui proposent une autre approche de l’espace à travers l’écoute. Ces créations se développent en France (notamment avec Territoires sonores et ses ateliers de baladocréation, à Marseille Radio Grenouille développe également un projet de soundwalks pour l’année 2013) tout comme outre-Atlantique (à écouter, la très intéressante promenade audio Hearing There de David Drury à Montréal ou Mutations, parcours sonore d’Antoine Bédard sur les rapports entre musique et architecture). Aux États-Unis, le projet Urban Remix du Georgia Institute of Technology d’Atlanta invite à collecter des sons dans la ville pour ensuite les remixer librement, et incite à détourner et créer une autre manière d’entendre la ville et de la parcourir. En France, la webradio Radiolab a également comme projet de réaliser des créations sonores en rapport avec l’espace urbain. Il est possible de coller ou de graffer des codes QR (petits codes barres pouvant être créés librement) dans un lieu particulier de la ville, qui, une fois lu par un téléphone mobile renvoient le passant curieux à une création sonore correspondante. Une piste de plus pour permettre aux artistes du son de s’inscrire dans l’espace public.

C’est dans ces possibles détournements que réside l’aspect passionnant du son et son immense potentiel subversif et créatif qui nous donne à imaginer la radio de demain. Une dimension qui pourrait être davantage prise en compte par Owni qui s’intéresse à l’espace urbain et à notre rapport à la ville (à lire les articles de Philippe Gargov et NicolasNova, notamment la série Urban After All).

Clément Baudet

owni-anonymous.jpg

(cc) Anonymous par Ophelia Noor sur flickr

Vendredi 10 juin 2011 5 10 /06 /Juin /2011 14:13
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