syntone ACTUALITÉ ET CRITIQUE DE L'ART RADIOPHONIQUE

 

photo1.jpg Il y a des groupes d'enfants munis de leurs casquettes et de leurs sacs à dos contenant probablement un pique-nique. Il y a des groupes de personnes handicapées, les moins voyantes d'entre elles ayant le droit de toucher les micros ou une image tactile du général de Gaulle à la BBC. Il y a aussi des groupes en visite, menés par un guide assez passionné et passionnant. Tout ce beau monde défile au musée des Arts et Métiers à Paris, depuis le 28 février et encore jusqu'au 2 septembre, pour découvrir l'exposition Radio : ouvrez grand vos oreilles. Et c'est vrai qu'il y a de quoi les ouvrir, les oreilles, entre les petites pièces prévues à cet effet (dans lesquelles il est parfois un peu difficile de savoir ce que l'on est en train d'entendre) et les postes avec casques installés un peu partout. Pêle-mêle, au fil du parcours : le premier match de boxe retransmis en 1923, un discours d'Hitler en 1933, le premier journal d'actualité dans lequel le speaker en explique le principe et s'excuse de ne pas (encore) pouvoir donner les informations du monde entier, le “message de Noël aux prisonniers” de Pétain en 1941, un reportage de la BBC dans les rues de Paris le jour de la Libération où l'on entend des Parisiennes crier “On est bien contents d'avoir les Américains, very happy !”, etc.

Beaucoup de choses à écouter, et beaucoup de choses à voir aussi : un poste à galène, des microphones à charbon, les récepteurs à lampes, les premières “antennes cadres”, le premier lecteur-enregistreur sur ruban (un objet si gros pour seulement 30 minutes d'enregistrement !), le récepteur dit “boîte à jambon”, un micro semblable à celui qu'utilisa de Gaulle pour son appel du 18 juin 1940, plusieurs enregistreurs Nagra de différentes époques, les premiers transistors Solistor, etc.

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Nagra II, 1953
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Nagra E, 1985
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Poste à galène, 1920
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Au sol, une frise vous indique les grandes dates de l'histoire de la radiodiffusion. De part et d'autre de cette frise, de gigantesques postes de radio séparent l'exposition en plusieurs blocs. Chacun correspond à une période. Vous découvrez donc l'histoire chronologiquement : la télégraphie sans fil à base de bidouilles à partir des années 20, l'apparition des postes de radio dans les salons dans les années 30, l'utilisation de la radio comme arme pendant la Seconde Guerre Mondiale, l'après-guerre, la radio comme média de la jeunesse dans les années 60. Et puis la dernière partie de l'exposition s'intitule “2000-2012 : la radio dans l'ère numérique”. Mais là, nous ne sommes plus dans le grand espace coloré (une couleur = une période) traversé auparavant. Arrivé en fin de parcours, la scénographie s'assombrit, cette dernière période prend place dans une pièce séparée, où le plafond est bas et les murs sont noirs. Comme si, à partir des années 2000, la radio passait dans l'ombre, après des années de lumières et de couleurs. Bien sûr, il doit s'agir des contraintes architecturales du musée, mais l'impression est assez saisissante. Le dernier présentoir d'objets fait grise mine.

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Et en même temps, l'ambiance de cette dernière pièce n'illustre-t-elle pas les incertitudes sur l'avenir de la radio ? Face au développement d'internet ou aux questions sur la radio numérique terrestre, que va devenir la radio ? Et c'est à ces questions que l'exposition tente également de répondre grâce à un cycle de conférences dont les enregistrements sont réécoutables en podcast. La prochaine conférence, qui a lieu le jeudi 31 mai, posera la fameuse question du devenir multimédia de la radio : “La radio de demain, plus que du son ?”

À la fin de l'exposition, de petits tabourets sont installés face à des écrans, pour permettre à chacun de découvrir en vidéo des témoignages de professionnels de la radio. Ces vidéos sont également disponibles en ligne. Deux autres tabourets sont, eux, installés face à des écrans d'ordinateur et des micros, car quoi de mieux pour comprendre la radio que d'en faire ? Deux adolescentes sont installées, elles s'essaient au flash info trafic.

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Elles s'appliquent et tentent tant bien que mal d'appliquer la consigne inscrite sur l'ordinateur : “Prenez une voix suave et parlez lentement.” Elles ont encore quelques progrès à faire mais on sourit intérieurement en les imaginant installées au Centre régional d'information routière de Créteil d'ici quelques années. Une fois les automobilistes fictifs bien informés que oui, l'A6a est toujours bouchée à la porte d'Orléans, on peut interroger les jeunes filles sur leurs souvenirs de radio. La discussion sera courte : Emilie et Adèle ont 15 ans et leur connaissance de la radio se résume pour l'heure à la libre antenne de Skyrock. Mais cela deviendra sans doute d'ici quelques années un de leurs souvenirs de radio, comme d'autres ont pu être marqués par le ton de Doc & Difool dans Lovin'Fun sur Fun Radio, écoutée en cachette dans son lit, émission à laquelle il est fait référence dans l'avant-dernière partie du parcours. Une exposition, donc, très largement consacrée à la culture populaire de la radio mais, à part quelques références comme Yann Paranthoën ou Arte Radio via une interview vidéo de Silvain Gire, quasiment pas à la création radiophonique.

Régulièrement, dans les allées, les visiteurs s'écrient “ah, ça me rappelle...”, “ah, quand j'étais jeune...” face à des objets ou lorsque le générique de Salut les copains retentit. Il y a ceux qui se souviennent avoir joué avec “l'œil magique” du “récepteur de radiodiffusion superhétrodyne C862” (1937) présent dans l'exposition. L'indicateur visuel de couleur verte s'allumait lorsque le récepteur était bien réglé. “Ça me rappelle mon enfance, il n'y avait pas la télé, la famille se réunissait autour du poste, on écoutait tous ensemble La famille Duraton le soir”, raconte Hélène, 68 ans. Bernard, un amoureux de la radio (comme beaucoup de ceux croisés ici), décrit lui aussi de “forts souvenirs d'enfance” : “J'ai 6 ou 7 ans, je suis dans la salle à manger, devant le poste à lampe familial, et j'écoute avec la nounou le feuilleton Zappy Max, la nounou écoutait ça religieusement”. “Mes copains me parlaient de Salut les copains, mais moi je n'avais pas le droit d'écouter”, se souvient pour sa part cette visiteuse, “ce n'était pas la même génération que vous, où aujourd'hui c'est vous qui dirigez vos parents !” Si certains ont la nostalgie moins joyeuse que d'autres, il semble quand même que cette exposition, au-delà de sa richesse en son et en images, soit aussi pleine des souvenirs de chacun.

Texte et images : Clara Beaudoux

Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 10:46
- Publié dans : Autres chroniques - Communauté : Radio
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Extrait d'une émission de télévision de 1950 sur les premiers enregistrements stéréo à la radio française :

Et voici quelques réglages préalables à effectuer “chez l'auditeur déjà en possession de deux récepteurs” :

Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 13:38
- Publié dans : Documents - Communauté : la radio autrefois
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Dans le compte-rendu d'un atelier sur l'état des lieux et les solutions émergeant de l'adoption de la Radio Numérique Terrestre (RNT), organisé par la Confédération Nationale des Radios Associatives (CNRA), l'un des deux syndicats du tiers secteur avec la SNRL, on pouvait lire en guise de réponse des animateurs du débat à une radio associative toulousaine posant la question de l'intérêt de ce nouveau type de radiodiffusion : “Il n’y a donc aucun intérêt pour les utilisateurs à ce jour, mais on ira au numérique parce que le monde entier y va et que, comme pour la TNT, c’est juste une question de temps et d’adoption par le public”.1

Cette phrase résume assez bien l'état d'esprit qui prévaut depuis l'annonce de l'accélération des expérimentations grandeur nature de la RNT. Celle-ci est décrite comme un nouveau besoin créé pour le consommateur et non comme un progrès issu d'une réflexion globale2. Le consensus autour du passage, progressif mais définitif, à la radiodiffusion numérique semble procéder d'une logique de rouleau compresseur.

Des arguments (très) discutables 

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Telle qu'elle existe, la diffusion analogique sur la bande FM est de bonne qualité. Elle permet une relative autonomie, et à moindre coût, pour les radios locales qui possèdent leur propre émetteur. En revanche, la diffusion du signal numérique implique l'usage d'autres parties du spectre électromagnétique et un changement complet du matériel de diffusion et de réception. Selon le forfait souscrit par la radio auprès d'un opérateur, la RNT proposera des taux de compression du signal sonore entre 64 kbps et 256 kbps, c'est-à-dire entre une très mauvaise qualité et une (relativement) bonne qualité. Le principe démocratique d'une qualité équivalente pour tous disparaît lors du passage à la RNT. La RNT, c'est un meilleur son pour tout le monde sauf pour ceux qui ne pourront pas se le payer.

Mais le vrai problème est que la bande FM est saturée dans les zones urbaines denses. Pour cela, la numérisation du signal offre la possibilité de multiplier les canaux sur une même bande de fréquences. Ainsi, de nouvelles radios, jusqu'alors restreintes à une diffusion internet, pourraient investir la RNT. Et des stations qui ne sont pas encore présentes sur l'ensemble du territoire étendraient leur influence géographique. Cet argument pour le pluralisme est l'atout principal des “pro-numériques”, comme l'a encore redit Rachid Ahrab, membre du CSA en charge du dossier de la RNT, sur le plateau de La tête au carré le 28 février 2012 sur France Inter3.

Cependant, il faut rappeler deux choses sur le contexte de l'entrée dans la vie politique de la RNT. Le 5 décembre 2007, Christine Albanel, alors Ministre de la Culture et des Communications, signait un accord sur la RNT et le choix de la norme T-DMB, très coûteuse (et aujourd'hui remplacée par le DAB+), entourée de la bienveillance des grands groupes industriels médiatiques : Radio France, mais aussi NRJ Group, Lagardère Active media, Next Radio TV et RTL4. Sous de tels auspices, il n'est pas difficile de croire que la venue au monde de ce nouveau modèle de diffusion ne va pas réellement contribuer au meilleur développement de la diversité de l'expression radiophonique, mais est un nouvel instrument de gestion industrielle du média. Enfin, pour l'État, la revente prévisible de la bande FM à des fins d'applications industrielles devrait rapporter gros ~ quelques 2 milliards d'euros pourraient par exemple être récoltés grâce à la cession des fréquences de la télé analogique.

Par la suite, le rouleau compresseur a connu des soubresauts. En juin 2009, le rapport Tessier demandé par le gouvernement français, dénonçait le coût trop élevé de la RNT au regard de ce que proposaient déjà d'autres réseaux de diffusion (IP, satellite)5. En mai 2011, David Kessler, en charge d'un rapport parlementaire cette fois, remettait lui aussi ses conclusions6. La nécessité de la RNT était largement remise en cause et le rapporteur proposait notamment de mettre en place un moratoire sur la question.

Le numérique totalitaire

Entre temps, le CSA avait lancé auprès des radios un appel à candidatures pour une demande de fréquence numérique. Même si certaines étaient méfiantes voire tout simplement opposées7, le risque de se voir supprimer la fréquence par le CSA à moyen terme a été plus fort et la grande majorité d'entre elles a ainsi répondu. Quelques groupes de radios locales ont créé des sociétés de multiplexage afin de travailler conjointement sur des solutions de diffusion numérique, comme par exemple le Groupement des Radios Associatives de la Métropole nantaise (GRAM) en Loire-Atlantique8. À ce jour, deux expérimentations ont abouti à des résultats significatifs : 90% du territoire couvert en Loire-Atlantique pour le GRAM.

Au mois de février 2012, une accélération s'est produite. Le CSA a décidé de lancer un appel à candidatures aux distributeurs de services pour la diffusion de multiplexes9. La machine semble maintenant définitivement en marche. On trouve facilement des récepteurs sur le marché et la grande majorité des radios associatives suit maitenant le mouvement. En février toujours, lors d'une réunion de la FRANC-MP (Fédération des Radio Associatives Non Commerciales de Midi-Pyrénées, délégation régionale du CNRA), une seule radio, Canal Sud, s'est déclarée opposée à la RNT.

Le progrès, mais toujours pas le bonheur10

30ways3.jpgAu-delà de la recherche d'un consensus où les seules discussions portent sur des questions techniques de mise en place, il serait peut-être salutaire de faire un pas de côté. Le débat technologique a tendance à occulter le vrai rôle des médias dans la construction de notre société, notamment celui des radios associatives locales qui rend le paysage radiophonique si spécifique, garantit la pluralité des opinions et l'accès démocratique aux médias.

Une professionnalisation forcée, une dépendance supplémentaire

En tout premier lieu, la remise en question de l'autonomie des radios locales en termes de diffusion est un vrai problème. Même si un regroupement comme le GRAM prouve qu'une solution existe pour un fort réseau de radios associatives dans une zone urbaine comme l'agglomération nantaise, elle est cependant impossible dans le cas de radios locales plus isolées qui n'auront pas la possibilité de créer une société de multiplexage indépendante avec sept autres radios aux intérêts proches (un multiplexeur regroupe huit canaux, donc huit radios). Elles seront alors contraintes de “se marier” avec des commerciales. Pour l'instant, les structures juridiques envisagées pour le multiplexage sont des SARL. À moyen terme, que vaudra la voix d'une radio associative gérée par des bénévoles face à des radios commerciales dans le conseil d'administration d'une société de multiplexage ? À plus long terme, ce nouveau système de diffusion n'empêchera-t-il pas les radios associatives locales de fonctionner majoritairement avec des bénévoles et sans ressources publicitaires ?

La bande FM en voie de privatisation

Pour la grande majorité des radios, la RNT impliquera le passage par un opérateur privé (VDL, Towercast, TDF). Créer une société de multiplexage est une première étape pour les radios qui négocient ensuite un contrat avec un des trois opérateurs privés. Chose étonnante, on a peu entendu de voix se lever contre la privatisation prévisible de la bande FM. Il n'est pas difficile d'imaginer ce scénario si l'on regarde du côté de la diffusion numérique de la télévision. L'événement historique que constitue la libération des ondes dont on a fêté les 30 ans en 2011, obtenue entre autres par la lutte d'un fort réseau de radios pirates, ne pèse pas bien lourd face à la poussée technologique. En Norvège, par exemple, la fin de la bande FM est programmée pour 201711. Pourtant, on le rappelle, la diffusion analogique est une technique facilement appropriable et représente un moyen d'émission de qualité peu onéreux.

Davantage d'argent public pour le privé

Diffuser en numérique va coûter cher. Les négociations sont en cours sur le financement du passage à la RNT par l'État via le Fonds de Soutien à l'Expression Radiophonique (FSER). Cependant ce n'est pas sa fonction première. Créé en 1982, le FSER a pour objet de permettre aux radios associatives locales d’assurer leur mission de communication sociale de proximité12. Ce fonds est la principale rentrée financière des radios et représente 27 millions d'euros pour quelques 600 radios.

D'après un document du SNRL datant de 201113, il est prévu pour chaque radio une aide de 10.000 euros, 50% du solde des factures pour les années de double diffusion (FM et numérique) et 30% du solde des factures pour les années suivant l'extinction de la bande FM. Depuis 2010, les deux syndicats demandent au Ministère une augmentation du FSER de 2 millions d'euros pour financer le passage à la RNT. Ces sommes versées aux radios devraient ensuite tomber, pour une grande partie, dans la poche de groupes privés de diffusion. Le fait que TDF par exemple soit détenu à 56% par un fond de pension américain, Texas Pacific Group, et un autre anglo-saxon, Charterhouse Capital Partners, peut nous laisser songeur sur l'utilisation de l'argent public. En période de crise annoncée avec fracas, la situation semble un brin paradoxale. Quant aux solutions alternatives de financement de la RNT à l'instar de l'expérimentation du GRAM à Nantes, elles sont fortement dépendantes des subventions des collectivités locales et du bon vouloir des élus.

Pour payer la diffusion, économiser sur la production ?

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À côté de cela, toujours pas de traces dans les lignes budgétaires du FSER ou dans les 7 critères d'évaluation à remplir par les radios associatives, d'aides à la création sonore, à la production documentaire ou à la fiction qui sont des formes d'expression radiophonique14. L'essentiel de l'effort budgétaire semble aller à la diffusion et à la multiplication des supports (partages de programmes). Ce dernier point soulève un problème peu discuté au sein des radios associatives. Quelle place donne-t-on à la réflexion sur le contenu, à la recherche de nouvelles formes radiophoniques, au langage sonore qui est pourtant le propre de la radio ? À quoi sert un canal de diffusion “de pointe” si les moyens de créer les contenus sont limités et pas assez pensés ?

Il y a peu de radios associatives qui élaborent une réflexion autour de la forme même. La tendance à reproduire le formatage des mass-média est très forte et risque de l'être d'autant plus avec la RNT. Grâce à la multiplication des canaux et à une gestion automatisée permise par l'encodage numérique, la tentation de diffusion en décalé de mêmes programmes radiophoniques pourrait être grande pour certaines stations. Ce phénomène existe déjà en diffusion analogique où des groupes de radios implantent plusieurs antennes locales diffusant les mêmes programmes. L'EPRA (Échanges et Productions Radiophoniques), groupe d'intérêt public qui a mis en oeuvre une banque de programmes depuis 1992 regroupant 170 radios associatives, constitue une ressource sonore importante et représente une réelle incitation à la production de contenus élaborés. Avec un budget amputé de moitié entre 2010 et 2012, l'EPRA vit une très forte crise qui fragilise un peu plus l'ensemble du secteur15. L'ensemble de ces éléments amène à penser que la tendance politique générale est à l'affaiblissement du tissu radiophonique associatif.

La RNT, une entrave au développement des radios associatives

Les efforts consentis pour faire avancer la RNT vaudraient le coup d'être investis, pour une partie, dans les formes d'expressions radiophoniques. L'implantation d'une radio locale puise sa force dans sa capacité à relayer la parole des acteurs locaux à travers des moyens d'expression peu ou pas employés par les autres médias, offrant ainsi une diversité d'expérimentation, de création et d'innovation tant au niveau du contenu que de la forme. Aujourd'hui, il est impossible de répondre en quoi la RNT pourra être d'une quelconque utilité pour cela.

Benoît Bories avec la complicité d'Etienne Noiseau


1 CNRA : Atelier 5 : RNT, Premier bilan avec des exemples concrets (Nantes et Lyon). État des lieux.
2 “C'est maintenant la technique qui opère le choix ipso facto, sans rémission, sans discussion possible entre les moyens à utiliser... L'homme (ni le groupe) ne peut décider de suivre telle voie plutôt que la voie technique .... ou bien il décide d'user du moyen traditionnel ou personnel ... et alors ses moyens ne sont pas efficaces, ils seront étouffés ou éliminés, ou bien il décide d'accepter la nécessité technique, il vaincra ... soumis de façon irrémédiable à l'esclavage technique. il n'y a donc absolument aucune liberté de choix.” Jacques Ellul, Le système technicien (1977), éd. Calmann-Lévy, 1977, p. 245
3 Réécoute de l'émission. Retranscription des propos de Rachid Arhab.
4 Lire sur le site du Ministère de la Culture et de la Communication : Discours de Christine Albanel prononcé à l’occasion de la signature de l'arrêté technique fixant la norme de diffusion de la radio numérique.
5 Rapport de Marc Tessier Les perspectives du financement du projet de radio numérique terrestre.
6 Lire sur RadioActu : RNT - David Kessler livre ses premiers éléments de réflexion.
7 Lire sur Syntone : Les radios associatives au cœur de la numérisation du média, par Julie Heurtel.
8 Lire sur RadioActu : RNT - La Loire-Atlantique devient département pionnier de la radio numérique.
9 Lire sur RadioActu : CSA - Vers un déploiement de la radio numérique en bande L.
10 “On nous dit : Le bonheur c'est le progrès, faites un pas en avant. Et c'est le progrès... mais ce n'est jamais le bonheur. Alors si on faisait un pas de côté ?” Gébé, L'An 01.
11 Lire dans Le Soir : “La radio numérique, ça avance !”
12 Lire sur le site de la Direction générale des médias et des industries culturelles - Ministère de la culture et de la communication : Qu’est-ce que le FSER ?
13 SNRL : Les financements des radios associatives. Etat des lieux et perspectives.
14 Ces aides existent dans d'autres pays européens. C'est le cas notamment du FACR en Belgique (Fonds d'Aide à la Création Radiophonique). Cependant, ce même pays ne bénéficie pas d'un fonds équivalent au FSER pour aider au fonctionnement des radios associatives.
15 Lire sur Syntone : Crise de l'EPRA : Crise de la libre expression radiophonique, par Katia Scifo et Benoît Bories, puis lire sur Libération : Radio : les associatives en voie de désintégration.
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Illustrations: (cc) 30 ways to die of electrocution, Elektroschutz in 132 Bildern, mises en ligne par bre pettis.

Mercredi 4 avril 2012 3 04 /04 /Avr /2012 09:04
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La Campagne à vélo , un “webdoc 100% réseaux sociaux”, est une opération montée en coproduction par Radio France, France Télévisions et Playprod. Du 6 février au 6 mai 2012, deux reporters, Raphaël Krafft et Alexis Montchovet, sillonnent la France à bicyclette “à la rencontre des Français qui vont voter (ou pas).” Les blogueurs Fañch Langoët, de Radio Fañch, et Etienne Noiseau pour Syntone, supporters attentifs aux créativités radiophoniques et à cette Campagne qu'ils observent depuis Twitter, regardent passer les coureurs et commentent... en se donnant cette fois un peu plus de 140 caractères.

tilde_square2_reasonably_small.jpgE. N. : En 2007, je suis tombé un peu par hasard sur la campagne à vélo de Raphaël Krafft pour France Culture et j'avoue que j'en suis devenu totalement fan ! Paradoxalement je l'écoutais peu à la radio (ses montages étaient diffusés dans Travaux publics de Jean Lebrun, si mes souvenirs sont bons), mais je lisais ardemment son blog, véritable carnet de bord où il publiait photos, récits de son périple et sons bruts. Il y partageait les coulisses de ses rencontres, les à-côtés, les galères... un témoignage qui m'intéressait autant pour l'aventure humaine que pour l'aspect “techno”, pour savoir comment se fabrique un tel projet radiophonique de l'intérieur. Ce blog n'existe plus, mais je crois qu'on en retrouve l'essentiel dans le livre  Un petit tour chez les Français.

Quand Raphaël a annoncé sur Twitter en janvier 2012 (cf. ci-dessus) qu'il repartait pour un tour avec un comparse, Alexis Montchovet, j'ai tout de suite emboîté le pas à la caravane. Cette fois, les reporters ne roulent pas pour Culture mais pour France Bleu et le département des Nouveaux Médias de Radio France. Ceux-ci ont tout de suite mis le paquet sur des “aguiches” à travers les réseaux sociaux. Aussi, il m’a fallu du temps pour comprendre qu'on n'entendrait pas la Campagne à vélo à la radio ! Rétrospectivement, c'est vrai que rien de tel n'avait été annoncé. Mais 11 jours après le départ, comme s'ils se réveillaient, les gens de France Bleu nous ont promis “3 minutes environ” tous les mardis soir à 21h30 (cf. communiqué de presse). 3 minutes pour prendre des nouvelles des reporters, pas 3 minutes de “paroles de Français”. En un sens, il valait mieux : 3 minutes par semaine, c’est peu pour aborder les sujets de fond !

mafalda_reasonably_small.jpgF. L. : En 2007, fidèle à Travaux Publics (et à la matinale de France Culture) je suivais Raphaël au plus près de ses pérégrinations. L’affaire était dans le ton des déambulations de Lebrun il y a quelques années en camping-car. Je n’ai rien lu de son blog mais gardé un très bon souvenir de sa parole et de ses reportages. Alerté comme toi cette année via Twitter je me régalais de reprendre la route (à défaut de le suivre à vélo), mais grâce à mes échanges avec France Bleu j’ai vite compris qu’il n’y aurait pas de “retour radio”.

Pour mon blog, j’ai interviewé Raphaël deux jours avant son départ et il m’a clairement dit : “si on veut faire de la bonne télé, on ne fait pas de la radio en même temps et inversement.” Qu’il ait eu envie d’essayer un autre média est une position respectable et tout à fait légitime. Mais c’est quand même regrettable que le maillage du réseau France Bleu n’ait pas été exploité pour ce projet. En fabriquant, par exemple, un flash par jour pour les antennes locales, les reporters donnaient une visibilité à tout le réseau et le fédéraient autour de leur parcours. Il y avait une belle histoire à monter, qui mettait en valeur les 43 locales. Acte manqué !

La campagne à vélo dans la Compil' - 20 mars by francebleu

tilde_square2_reasonably_small.jpgE. N. : Alors, qu’est-ce qu’on a d'autre à se mettre sous la dent ? Au milieu de très courts “instantanés” vidéo, photo, écrits, le gros morceau est un montage vidéo de 6 minutes par semaine, dont 30 secondes de générique sympatoche, pour raconter une “rencontre avec des Français”. On en est actuellement à dix épisodes déjà en ligne. Mis à part le quatrième où commençait enfin à se construire quelque chose qui ressemble à un “point de vue” en donnant à voir trois générations de militaires sur un sujet un peu sérieux (faire la guerre et risquer d’y rester), c’est en général très chiche : Alexis, témoin muet, filme Raphaël essayant avec toute son empathie d’arracher quelques propos à un quidam qui tente, lui, de lui donner le change. Je ne veux pas démolir le travail des reporters qui en bavent sur les routes quand nous nous contentons de critiquer de loin, bien au chaud. Mais ça va très vite, c'est monté à grands renforts de “balayages” à l'intérieur du plan... En finale, on dépasse rarement le niveau de la brève de comptoir du genre “tous pourris” et c’est malheureusement le type de propos qu’on retient, d’autant que ce sont ces petites phrases là qui sont disséminées sur les réseaux sociaux pour appâter le chaland. C’est malheureux, mais #LePen est un des hashtags (mots-clé sur Twitter) les plus récurrents sur le fil de la Campagne à vélo.

Drôle de façon de sortir du traitement médiatique habituel de la campagne électorale dont on raille le suremploi des “petites phrases” des politiques, en prônant la vraie rencontre avec les Français. Je ne peux m’empêcher de faire une comparaison avec la manière dont Arte Radio et Mediapart traitent actuellement la campagne ~ et “battent la campagne” eux aussi ~ dans leur série en coproduction intitulée Le plus grand parti de France : témoignages sur la longueur, investigation, points de vue… En fait, il n’y a pas de secret, ils ont choisi d’y consacrer du temps et ils ont foi en la capacité de l’auditeur d’y consacrer du temps aussi.

mafalda_reasonably_small.jpgF. L. : L’idée même d’un tour de France à vélo suggère un ou plusieurs rendez-vous quotidiens. L’émiettement et la discontinuité via Facebook et Twitter délinéarisent l’épopée, ce qui est un paradoxe quand le principe d’un tour est lui-même “linéaire” ~ les coureurs suivant un long trait de bitume du point de départ jusqu’à l’arrivée. On a bien des morceaux de quelque chose qu’on nomme épisodes, mais bout à bout, ça ne fait pas une histoire. L’aventure que vivent Raphaël et Alexis et principalement leurs compte-rendus sont morcelés et aléatoires dans leur suivi chronologique. On est dans un “temps réel” décousu. Dans les prises de vue, le déplacement à vélo devient anecdotique, alors qu’il est constitutif de la démarche. On ne sent jamais la difficulté, les temps de trajet, les efforts, la fatigue… Les montages gomment le réel intrinsèque au projet et peuvent être visionnés sans que ce réel fasse sens. Ils me donnent l’impression de rendre compte d’un événement ou d’une opinion de manière brute, tandis qu’un récit contextualise, intègre l’événement ou l’opinion dans une histoire qui, narrée jour après jour, s’enchaîne pour faire du sens. Ce n’est pas le cas ici. En fait, c’est de l’actu !

Au final, c’est encore une opération hachée, segmentée, presque décontextualisée. Si je suis seulement les étapes, je perds le fil d’une histoire globale, d’un récit, pour ne retenir que des “anecdotes” de situation. Le leitmotiv de leur périple se résume trop à : crevaison, météo et “où dort-on ce soir ?” Il me manque un fil conducteur tangible et fort qui nous donne envie chaque jour de les retrouver, comme si nous avions rendez-vous. Vivement que nous puissions en parler avec les intéressés qui, j’espère, comprendrons que c’est mon attachement à l’écriture qui dans le cas présent me laisse un peu sur ma faim. Ce qui faisait le charme de l’opé 2007, c’était une histoire à suivre comme un feuilleton. Ici, pas de rendez-vous quotidiens formels, pas d’effet de suite en introduction de chaque épisode... Je dois à la vérité de dire que l'épisode 10 fait enfin le point sur l'enchaînement des étapes. Il était temps.


la campagne a velo-EP#10 : "la seule personne... par Lacampagneavelo

tilde_square2_reasonably_small.jpgE. N. : Pour ma part, une fois évacuée ma déception d’auditeur de radio, il me reste des questions. Pourquoi France Bleu, et plus globalement Radio France à travers son département des Nouveaux Médias, produisent une opération de ce type dont quasiment rien n’est destiné à l’antenne ? Début février (cf. l'interview vidéo vers 5’40), Joël Ronez, directeur des Nouveaux Médias, annonçait qu’un des objectifs de son département est de tripler le nombre de “fans” sur les réseaux sociaux des stations publiques cette année. Je me demande si la Campagne à vélo n’a pas comme unique but de fidéliser une population sur Facebook et Twitter. C’est un peu triste, mais bon, nous avons joué le jeu de les suivre, nous aussi... avant que tu me fasses remarquer que nous étions presque les deux seuls à tenter le dialogue avec les reporters, les autres “followers” se contentant généralement de “re-tweeter” (répéter) les messages envoyés par la prod ou de faire passer les requêtes des reporters qui cherchent chaque jour un endroit où dormir… Et d’ailleurs même pour ça, les réseaux sociaux n’ont pas l’air de combler les attentes ! Combien de galères ? C’est presque tous les jours !

mafalda_reasonably_small.jpgF. L. : Deux jours seulement après le départ, Raphaël a écrit sur Facebook : "Nous voulions tester la réactivité du réseau pour nous trouver le gîte et le couvert lors de notre première nuit de voyage. Nous constatons vite, par 6 degrés en dessous de zéro, qu'aucun de nos "fans" ou "followers" ne vivait ou n'avait de famille entre La Ferté-sous-Jouarre et Château-Thierry. On prend note que nous ne croiserons pas tous les jours l'un des 25 millions de Français connectés à Facebook durant notre périple." Il continue en posant la question : “Qui en France utilise les réseaux sociaux ?” Réponse : probablement pas autant que de gens qui écoutent la radio ! Si une opération avec les Nouveaux Médias ne s’appuie pas sur le média initial de la radio, c’est incompréhensible. Les Nouveaux Médias de Radio France ne travaillent pas pour Twitter ou Facebook ! Les interpellations sur ces médias sociaux doivent compléter l’offre radio. Ici, il n’y a pas d’offre radio. La recherche de followers/fans est tellement tendance qu’elle dévalorise l'opération même de recueil de témoignages.

tilde_square2_reasonably_small.jpgE. N. : La Campagne à vélo me laisse avec un malaise. On imagine aisément qu’une opération comme celle-là coûte cher. Entre parenthèses, elle coûte cher aux contribuables français, on pourrait donc dire qu’elle coûte cher précisément à ceux qu’elle prétend rencontrer. Quand je regarde les personnages des épisodes vidéo, je me dis : tiens, ceux-là ont payé deux fois, une première fois avec leurs impôts, une seconde fois en offrant aux reporters le gîte, le couvert et aussi leur image, leur parole, un bout de leur vie, de leur intimité. Quand on donne beaucoup, on aime recevoir aussi. Et cette Campagne à vélo, qu’a-t-elle à offrir en échange à ces personnes et à nous tous ?

Lundi 26 mars 2012 1 26 /03 /Mars /2012 16:29
- Publié dans : Autres chroniques - Communauté : Radio
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Connu pour sa carte mondiale de micros ouverts, le jalon fondateur de plusieurs années d'expérimentations, Locus Sonus est un groupe de recherche et post-diplôme en études d'art, spécialisé autour des questions de l'art audio, des espaces et des réseaux. Ses “symposiums”, régulièrement organisés et ouverts au public, sont à chaque fois l'occasion d'approfondir un sujet de façon pluridisciplinaire. Après avoir traité, par exemple, des arts audio connectés ou encore de la sonification (l'emploi du son pour rendre sensible d'autres types de données), ce septième symposium, organisé pour la première fois à Nantes les 24 et 25 mars prochains, s'intitule “Auditoriums Internet”.

Un auditorium est un lieu où l'on vient écouter ensemble. C'est un lieu qui fut et reste traditionnellement un espace physique, un bâti, dont les limites et les constructions internes sont sans cesse redéfinies à la fois par les technologies, les pratiques sociales et la création artistique. Il suffit de penser à ce que la radio, déjà, a pu bouleverser et inventer de nouvelles façons d'écouter, à la fois individuelles et collectives, selon des modes de relation à distance qu'internet a depuis développés. Jérôme Joy, compositeur et enseignant à l'école d'art de Bourges (après avoir démarré le projet à la Villa Arson de Nice) est, avec Peter Sinclair et Anne Roquigny, un des animateurs du groupe : “Nous n'avions pas encore eu l'opportunité d'approfondir la question de l'écoute et des espaces d'écoute qui est, notamment à travers le projet des micros ouverts, permanente depuis le début de Locus Sonus. Ce qui semble aller de soi ~ convoquer pour écouter ensemble ~ n'est aujourd'hui plus aussi simple, et pourtant, il y a encore des constructions (qui ne sont plus forcément industrielles et standardisées) qui proposent des écoutes ensemble de manière non prescrite.”

Le programme des communications voit se confronter des universitaires et scientifiques (l'acousticien Bruno Suner, le philosophe de l'art Matthieu Saladin, les sociologues Anthony Pecqueux, Samuel Bordreuil), des producteurs radiophoniques (Marcus Gammel, Katrin Moll) et de nombreux artistes des sphères musicales, de la performance ou des arts numériques (Kasper T. Toeplitz, Julien Ottavi, Julien Clauss)… dont des personnalités plutôt rares en France comme Pauline Oliveiros, 80 ans cette année, ou encore Bill Fontana : “Le travail de Bill Fontana se trouve au cœur des relations entre son et espace, et je me suis toujours demandé dans ses œuvres liées aux transports des sons d'un espace à un autre, aux dimensions de perception sonore des espaces et aux dimensions imaginaires et sensibles qui peuvent s'en dégager, si l'écoute était un moteur ou un domaine de décision dans la construction de ses projets : propose-t-il des écoutes ou déplace-t-il des sons ? En quoi l'écoute, et de fait collective, engage-t-elle des principes de décision au sein de son travail ? L'inviter était la meilleure façon de lui poser ces questions et de solliciter son point de vue sur les espaces d'écoute aujourd'hui. Quant à Pauline Oliveros, c'est un autre versant qui m'a guidé. Son travail historique sur l'“écoute profonde” (Deep Listening) et également son engagement régulier dans toutes les nouvelles formes de jeu de la musique (la musique en réseau, la musique dans Second Life, le streaming, etc.) ne peut qu'éclairer les questions que nous posons aujourd'hui.”

pauline_2ndlife.jpg(cc) Pauline Oliveros dance/music/improv in Second Life by Josephine Dorado on flickr

Les deux jours de séminaire tenus dans un amphithéâtre de l'école d'architecture de Nantes seront articulés par une soirée de performances au Lieu Unique, le 24 mars de 21h à 23h. “Nous avons ouvert ce type de présentation pour que les invités puissent montrer leurs recherches et leurs expérimentations sous une autre forme que celle, orale, propre au symposium. La programmation est riche car vraiment variée vis-à-vis de la question générique. C'est aussi un moment particulier qui nous permet de faire une proposition à un public (une audience), alors que le symposium avec ses tables rondes offre un moment de transmission plus spécialisé. Lors de cette soirée, il y aura des réalisations touchant aux réseaux électroniques (Pauline Oliveros et le Avatar Orchestra Metaverse, Ximena Alarcón et le Sounding Underground, etc.), ou abordant la question de l'écoute : la sonification avec Matthieu Saladin, la spatialisation (immersive) avec Bill Fontana, etc. D'autres réalisations, plus de type installation ou dispositif, seront présentées à l'école d'architecture durant le symposium, l'accompagnant, voire l'animant : comme SplitSoundscape de Grégoire Lauvin et Modulations de Julien Clauss ; ce qui permet de “parler” du projet et à la fois d'en proposer l'expérience tout de go.”

Le laboratoire Locus Sonus tourne autour de ses dadas depuis 2004 sans que les sujets ne semblent s'épuiser. “Nous le découvrons au fur et à mesure : une question, une hypothèse en amène toujours d'autres. Cela nous permet d'être optimiste sur ce qui va se dérouler par la suite, même si notre cadre de travail est très fragile : nous faisons de la recherche dans un interstice, celui des écoles d'art, et il serait impossible de le faire ailleurs, de cette manière-là… Ceci donne un dynamisme et une grande mobilité dans un espace qui n'est pas celui de la pédagogie (tel qu'on l'entend dans les 1er et 2nd cycles), ni celui du marché (il existe des œuvres qui ne sont pas des œuvres de marché), ni celui de l'industrie ou des applications industrielles. Un espace de construction, donc, et un espace des possibles.”

Mardi 20 mars 2012 2 20 /03 /Mars /2012 09:01
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